Ouganda : les « voyageurs de la nuit », enfants rescapés des atrocités de Joseph Kony

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Ouganda : les « voyageurs de la nuit », enfants rescapés des atrocités de Joseph Kony

Chaque soir, dans le nord de l’Ouganda, des milliers d’enfants marchaient des kilomètres pour échapper aux exactions de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony. Ils ont été surnommés les « voyageurs de la nuit », une génération marquée à jamais par la peur, les massacres et les enlèvements.

Everlyn Ayo, aujourd’hui mère de huit enfants, fait partie de ces survivants. Toute petite, elle parcourait la nuit pour fuir les attaques rebelles. Elle se souvient avec effroi de l’assaut de son école par la LRA : « Ils ont tué nos enseignants, les ont cuits dans de grands bidons et nous ont forcés à manger leurs restes », confie-t-elle, plus de trente ans après.

Comme elle, de nombreux jeunes se serraient les uns contre les autres dans les rues de Gulu ou dans des abris improvisés, cherchant un semblant de sécurité. « Même sans couverture, nous ne ressentions pas le froid, car nous étions trop nombreux », raconte-t-elle. Mais au matin, ils retournaient dans leurs villages pour y retrouver des cadavres, traces indélébiles de la violence.

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Stephen Ocaya, lui aussi ancien « voyageur de la nuit », se cachait dans une église ou sur un parking de bus dès l’âge de six ans. Les rebelles étaient si proches que, selon ses souvenirs, « après leur départ, les autorités ont retrouvé beaucoup de personnes tuées là-bas ».

La LRA est accusée d’avoir causé plus de 100.000 morts et enlevé 60.000 enfants, transformant les garçons en soldats et les filles en esclaves sexuelles. Ses crimes se sont étendus au-delà de l’Ouganda, jusque dans les forêts de la République démocratique du Congo, du Soudan du Sud et de la Centrafrique.

Mardi prochain, la Cour pénale internationale (CPI) ouvrira une audience historique sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité imputés à Joseph Kony. Même en son absence, de nombreuses victimes suivront le procès avec espoir. Stella Angel Lanam, ancienne captive devenue militante, résume l’attente : « Je sais que ni Kony ni le gouvernement ne pourront réparer nos souffrances, mais nous voulons la justice. »

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Dans le village de Lukodi, un mémorial rappelle les 69 habitants massacrés en mai 2004. Pour Wilfred Lalobo, qui a perdu plusieurs proches et sa fille de 4 ans, la douleur demeure : « Certains ont été tués à la baïonnette, d’autres brûlés vifs dans leur maison. »

Ces témoignages rappellent que derrière les chiffres effroyables, ce sont des vies d’enfants brisées qui réclament aujourd’hui vérité et réparation.

imam chroniqueur
Babacar Diop

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