Paul Biya face au « cinquième âge » : jusqu’où peut-on gouverner sans transmettre ?

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Paul Biya face au « cinquième âge » : jusqu’où peut-on gouverner sans transmettre ?

Yaoundé, juillet 2025 – À 92 ans, Paul Biya, président du Cameroun depuis plus de quatre décennies, atteint ce que les gériatres appellent désormais le « cinquième âge », une catégorie avancée du vieillissement, souvent marquée par la perte d’autonomie, des pathologies multiples et une vulnérabilité cognitive accrue.

Alors que le pays entre dans un nouveau cycle électoral incertain, une question revient avec insistance dans les cercles intellectuels, politiques et populaires : le Cameroun est-il encore dirigé ? Et surtout, par qui ?

👴 Une présidence silencieuse dans un pays jeune

Dans un pays où 80 % de la population a moins de 35 ans, le contraste est saisissant. Depuis des mois, les apparitions publiques de Paul Biya sont rares, brèves, souvent télécommandées. Les discours sont lus, les interviews inexistantes, les décisions prises en huis clos.

Pourtant, la présidence communique peu sur l’état de santé du chef de l’État, entretenant ce que certains qualifient de « présidence fantôme », dirigée par une poignée de fidèles conseillers, de membres de la famille présidentielle ou de figures de l’armée. Une situation qui nourrit spéculations, rumeurs et frustrations, au moment où le pays affronte de nombreux défis : crise anglophone, inflation, corruption, exode de la jeunesse diplômée.

🧠 Quand la médecine interroge la politique

Des spécialistes en gériatrie contactés par Dunia News confirment : le « cinquième âge » désigne généralement les personnes de 90 ans et plus, confrontées à des risques accrus de confusion, de dépendance fonctionnelle, de perte de discernement et de fragilité physique. Si aucune règle n’interdit de gouverner à cet âge, la question de la capacité effective à exercer le pouvoir se pose avec acuité, surtout dans un régime hyperprésidentialiste comme celui du Cameroun.

🔄 Le temps du passage de témoin ?

Dans l’opinion publique camerounaise, deux lignes s’opposent :

Les partisans de la continuité, qui estiment que tant que le président est élu, sa légitimité ne se discute pas.

Les partisans d’une alternance, qui jugent qu’aucun individu, aussi historique soit-il, ne peut diriger indéfiniment un pays sans contact réel avec sa population.

Mais au-delà des camps, une réalité s’impose : le vide générationnel. Car pendant que le président s’accroche au pouvoir, aucune relève crédible n’émerge, ni dans son camp, ni dans l’opposition. Le système verrouillé empêche tout renouvellement, tout débat ouvert sur l’après-Biya.

🗣️ Une jeunesse en attente

Ce flou entretient le désenchantement d’une jeunesse brillante, formée, connectée au monde, mais privée de perspectives. Entre exil, repli ou colère contenue, la génération montante du Cameroun est en quête d’un nouveau souffle politique.

Elle ne réclame pas seulement le départ d’un homme, mais la fin d’une logique de confiscation du pouvoir, de reproduction des élites, et d’invisibilisation des aspirations populaires.

📢 Dunia News alerte

Ce n’est pas un débat sur l’âge, mais sur la vitalité d’une démocratie. L’Afrique centrale ne peut plus continuer à être le sanctuaire des éternels présidents. Le Cameroun, fort de son peuple, de ses talents et de sa diversité, mérite une transition apaisée, préparée et inclusive.

Et poser la question de la succession n’est pas un crime. C’est une exigence démocratique.

📰 Dunia News poursuivra son travail d’analyse sur la gouvernance, les transitions générationnelles et la légitimité politique sur le continent.

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