Pétrole : les prix baissent, mais l’Afrique attend toujours la juste part du gâteau

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Alors que les cours mondiaux du brut glissent légèrement, les pays africains producteurs restent en marge des vrais leviers de décision. Que vaut l’or noir sans souveraineté sur son exploitation ?

Pétrole : les prix baissent, mais l’Afrique attend toujours la juste part du gâteau


Le baril de Brent est redescendu à environ 66,44 dollars, le WTI américain s’échange autour de 64,78 dollars. Une baisse modeste, attribuée à des prévisions d’augmentation de la production de l’OPEP+ et aux craintes d’un retour des tensions commerciales entre les États-Unis d’Amérique et la Chine.
Mais au-delà des chiffres, ce sont toujours les mêmes qui tirent les ficelles… et toujours les mêmes qui encaissent les secousses.

Sur les marchés internationaux, la baisse des prix est accueillie comme une bonne nouvelle par les pays importateurs. Mais pour les économies africaines productrices de pétrole Nigeria, Angola, Gabon, Congo, Guinée équatoriale, Ghana, Tchad ce recul peut signifier une chute des revenus budgétaires, une pression accrue sur les devises, et des arbitrages économiques douloureux.

L’ironie, c’est que l’Afrique extrait, mais n’administre que rarement. Le brut part, les devises restent à l’extérieur, et les raffineries sont importées. La baisse des prix ? Elle se décide entre Riyad, Moscou et Washington avec parfois un clin d’œil à Pékin. L’Afrique, elle, regarde le match depuis la tribune.

Officiellement, certains pays africains siègent à la table de l’OPEP+, cette alliance élargie des producteurs qui tente de réguler les volumes pour stabiliser les prix. En pratique, leurs marges de manœuvre sont faibles, leurs quotas souvent imposés, et leur voix diluée dans un concert dominé par les grandes puissances pétrolières.

Récemment, l’OPEP+ a laissé entendre qu’une hausse progressive de la production pourrait être actée pour le second semestre 2025. L’objectif : éviter une envolée des prix qui nuirait à la croissance mondiale… surtout celle des pays du Nord.

La vraie question n’est pas le prix du pétrole. Elle est plus ancienne, plus structurelle : à qui profite le pétrole africain ?

Sur la trentaine de pays producteurs en Afrique, rares sont ceux qui raffinent leur brut localement. Résultat : on vend à bas prix, on rachète à prix fort. Les populations locales, elles, continuent à faire la queue devant des stations vides ou à payer le carburant à prix d’or.

À cela s’ajoute la dépendance à la rente pétrolière, qui rend les économies vulnérables aux fluctuations mondiales. Un problème d’autant plus aigu que les transitions énergétiques globales électriques, vertes ou « intelligentes » se font sans feuille de route claire pour les pays africains exportateurs d’hydrocarbures.

La baisse des prix actuelle doit être vue comme un signal. Un appel à réorienter la stratégie énergétique du continent, à investir dans le raffinage local, à diversifier les économies, et surtout à reprendre le contrôle sur nos ressources.

Le pétrole est une richesse, mais il ne devient un levier de développement que lorsqu’il est géré avec vision, courage et souveraineté. L’exemple de pays comme l’Algérie (avec Sonatrach), ou plus récemment la tentative de réforme de la NNPC au Nigeria, montre qu’un autre chemin est possible à condition d’une volonté politique forte.

Le prix du baril baisse, mais la vraie question monte : quand est-ce que l’Afrique cessera d’être la vache à lait des marchés de l’énergie ?
Il ne suffit pas d’extraire. Il faut transformer. Il ne suffit pas d’avoir du pétrole. Il faut une politique.

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