Plaidoyer pour la revalorisation de la pension de retraite au Sénégal
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La question de la pension de retraite au Sénégal interpelle avec acuité notre conscience collective et notre sens de la justice sociale. Des milliers d’anciens fonctionnaires, enseignants, agents de santé, militaires, ouvriers et employés, après avoir servi la nation avec loyauté et abnégation, se retrouvent confrontés à une pension dérisoire, parfois insuffisante pour couvrir leurs besoins élémentaires.
Une dignité menacée
En 2024, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) relevait que plus de 60 % des retraités vivaient avec une pension inférieure au SMIG, ce qui les plonge dans une précarité injuste après des décennies de service (Rapport CESE, 2024). La retraite, censée être une période de repos et de sérénité, devient ainsi un temps de lutte quotidienne pour la survie.
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Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne rappelait que :
« Une société qui ne protège pas ses anciens se condamne à une mémoire blessée, car ce sont eux les gardiens de la sagesse et de la transmission. »
(L’Afrique au miroir du monde, 2021, p. 142).
Une obligation morale et religieuse
Dans la tradition islamique, le respect et la prise en charge des aînés sont un devoir sacré. Le Prophète Muhammad (PSL) disait :
« Il ne fait pas partie des nôtres celui qui n’honore pas nos anciens. » (Hadith rapporté par At-Tirmidhi).
De ce point de vue, revaloriser la pension des retraités n’est pas une simple réforme technique : c’est une exigence éthique et spirituelle.
Comme l’écrit l’imam chroniqueur Babacar Diop :
« Laisser un vieillard compter ses jours en comptant ses dettes est une honte pour une nation. La retraite devrait être un bouquet de reconnaissance, non une descente dans l’oubli. »
Un enjeu socio-économique urgent
Les dernières discussions menées avec le FMI en 2025 dans le cadre du nouveau programme financier ont relancé le débat sur les réformes sociales, mais la pension des retraités reste encore un angle mort. Pourtant, une revalorisation des pensions pourrait :
stimuler la consommation intérieure,
réduire la dépendance familiale pesant sur les jeunes actifs,
et renforcer la cohésion sociale dans un contexte de crise économique mondiale.
Le sociologue Mamadou Diouf insiste :
« Un pays ne se construit pas seulement avec des jeunes dynamiques, mais aussi avec des anciens respectés et protégés, car ce respect fonde la confiance dans l’avenir. »
(Sénégal : trajectoires d’un État moderne, 2022, p. 198).
Pistes de réformes urgentes
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- Indexation des pensions sur l’inflation pour protéger le pouvoir d’achat.
- Création d’un fonds spécial de solidarité intergénérationnelle, alimenté par une taxe sur certains secteurs stratégiques (télécoms, banques, industries extractives).
- Simplification des procédures de paiement pour éviter aux retraités de longues files d’attente humiliantes.
- Accès facilité aux soins de santé via une couverture médicale renforcée. Un appel à la justice et à la mémoire
La revalorisation de la pension des retraités n’est pas un luxe, mais un droit. C’est une dette de la nation envers ceux qui ont sacrifié leur jeunesse pour son édification.
Comme le souligne Babacar Diop :
« Si nos anciens s’éteignent dans la misère, c’est notre avenir qui s’éteint avec eux. La retraite doit redevenir le jardin de la dignité. »
Ce plaidoyer s’adresse à l’État, aux partenaires sociaux, aux institutions financières, mais aussi à la conscience citoyenne. Car honorer nos retraités, c’est honorer notre histoire, et garantir une société plus juste et plus humaine.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













