Plaidoyer pour les enseignants « décisionnaires » : dignité bafouée, justice attendue
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Les enseignants dits décisionnaires vivent une situation à la fois injuste et intenable. Malgré un service de 29 heures de cours hebdomadaires sur plus de 21 disciplines, ils demeurent marginalisés par rapport à leurs collègues fonctionnaires. Le retard des décrets de janvier 2025 et la précarité dramatique de leurs retraites traduisent une profonde iniquité que l’État doit impérativement corriger.
Une injustice sociale condamnée par la foi et la raison
Le Saint Coran nous rappelle avec force :
« Certes, Allah commande l’équité, la bienfaisance et l’assistance aux proches… et Il interdit l’injustice et la rébellion. » (Sourate An-Nahl, 16:90).
Comment accepter que ceux qui ont formé plusieurs générations d’élèves se retrouvent à la retraite avec moins de 100 000 FCFA, après 30 ou 40 ans de service ? Le Prophète Muhammad ﷺ a averti :
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« Rendez au salarié son dû avant que sa sueur ne sèche. » (Sunan Ibn Mâjah, Hadith n° 2443).
Or ici, non seulement la sueur a séché, mais les rides de l’âge témoignent encore d’une dette sociale non réglée.
Le poids moral de la reconnaissance
Le philosophe français Paul Ricoeur écrivait :
« La justice, c’est donner à chacun ce qui lui est dû. » (Ricoeur, Le Juste, 1995, p. 27).
Appliquer la justice aux enseignants décisionnaires, c’est reconnaître leur service, harmoniser leur retraite et leur offrir une dignité égale à celle de leurs collègues.
De son côté, Nelson Mandela rappelait :
« L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. » (Long Walk to Freedom, 1994, p. 147).
Si ceux qui portent cette arme éducative sont laissés dans la précarité, c’est toute la société qui en paie le prix.
La voix des savants contemporains
Le professeur Abdoulaye Bathily souligne :
« Le sort réservé aux enseignants traduit le degré de considération qu’une nation accorde à son avenir. » (L’Afrique et son destin, 2012, p. 203).
De même, l’économiste sénégalais Felwine Sarr insiste :
« Investir dans l’humain, c’est donner priorité à l’éducation et à ceux qui la portent. » (Afrotopia, 2016, p. 112).
Ces paroles résonnent fortement dans le contexte actuel des décisionnaires, oubliés par l’appareil administratif.
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Un appel à l’action
Le collectif Solutions pour les Décisionnaires ne réclame ni privilèges ni faveurs, mais simplement deux actes de justice :
- La signature immédiate des décrets issus des accords de janvier 2025, pour régulariser et reclasser les décisionnaires.
- L’harmonisation du système de retraite, afin que chaque enseignant puisse finir sa carrière dans la dignité.
Le penseur musulman contemporain Tariq Ramadan rappelle :
« La justice sociale est une exigence spirituelle. Refuser l’injustice, c’est affirmer sa foi dans l’humanité. » (Islam et liberté, 2001, p. 76).
Ce plaidoyer est donc à la fois moral, social et spirituel. Car laisser dans l’oubli des milliers d’enseignants qui ont porté l’école sénégalaise, c’est non seulement manquer à la justice républicaine, mais aussi trahir une exigence divine.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













