Pourquoi les clubs sénégalais peinent-ils à régner en Afrique : analyse et perspectives
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Le Sénégal est reconnu comme une pépinière de talents footballistiques, notamment grâce à son équipe nationale, les Lions de la Teranga, qui ont remporté la Coupe d’Afrique des Nations en 2022. Cependant, cette réussite ne se reflète pas au niveau des clubs sénégalais, qui peinent à s’imposer dans les compétitions interclubs de la Confédération africaine de football (CAF).
- Des structures et un financement limités
Les clubs sénégalais souffrent d’un manque d’infrastructures modernes et de financements. Le budget annuel moyen des clubs sénégalais est estimé à environ 1 à 2 millions de dollars, tandis que des clubs comme Al Ahly en Égypte disposent d’un budget annuel de 88,6 millions de dollars . Cette disparité financière limite leur compétitivité sur la scène continentale.
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- Une fuite précoce des talents
Les jeunes talents sénégalais sont souvent recrutés par des académies privées, comme Génération Foot, qui les transfèrent rapidement vers l’Europe. En 2019, le Sénégal a exporté environ 230 joueurs, se classant troisième en Afrique derrière le Nigeria et le Ghana . Cette dynamique profite à l’équipe nationale, mais affaiblit les clubs locaux, qui perdent leurs meilleurs éléments avant même qu’ils ne puissent les aider à rivaliser sur le plan continental.
- Gouvernance et professionnalisation insuffisantes
La gestion des clubs reste marquée par des conflits internes et un manque de structuration. Le manque de professionnalisme dans la gestion des clubs entrave leur développement et leur compétitivité sur la scène africaine.
- Un modèle économique tourné vers l’export
Les partenariats entre clubs sénégalais et européens, comme celui entre Génération Foot et le FC Metz, sont souvent axés sur l’exportation de talents plutôt que sur le développement de la compétitivité des clubs locaux. Cette orientation limite les ressources disponibles pour renforcer les équipes locales et leur permettre de rivaliser au niveau continental.
- Niveau sportif et tactique
Au-delà des finances et de la gestion, le niveau d’entraînement, la tactique et la préparation physique restent en deçà des standards des clubs nord-africains. Les entraîneurs locaux travaillent souvent dans des conditions précaires, avec peu d’accès à la technologie et à l’analyse vidéo avancée.
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- Comparaison avec les clubs africains dominants
Les clubs marocains, égyptiens et sud-africains bénéficient de financements privés et publics, d’une structure professionnelle et d’un championnat compétitif qui attire spectateurs et sponsors. Cette combinaison leur permet de conserver leurs meilleurs éléments et de préparer leurs équipes pour les compétitions continentales.
- Le potentiel inexploité
Malgré ces défis, le Sénégal dispose d’un potentiel considérable : une passion populaire pour le football, un vivier de talents et un soutien des collectivités locales. Pour que les clubs sénégalais brillent en Afrique, il est essentiel d’investir dans la formation locale, de maintenir les talents plus longtemps et de structurer les clubs sur le modèle des géants du football africain.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













