Préserver la cohésion sociale : un devoir sacré et républicain

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Préserver la cohésion sociale : un devoir sacré et républicain

Par Imam chroniqueur Babacar Diop

Longtemps cité comme modèle de stabilité en Afrique de l’Ouest, le Sénégal traverse aujourd’hui une période d’inquiétude morale et identitaire. Les discours ethnicistes, communautaristes ou haineux, jadis marginaux, tendent à s’infiltrer dans les débats publics, particulièrement à travers les réseaux sociaux. Récemment, les propos controversés d’une chroniqueuse lors d’une émission sur YouTube ont ravivé le débat sur les limites de la liberté d’expression et sur la fragilité du vivre-ensemble.

Cette tension verbale, relayée à grande échelle, a conduit à des plaintes pour injures publiques et atteinte à l’honneur d’une communauté. Ce fait divers, au-delà de son caractère médiatique, soulève une question essentielle : avons-nous encore conscience de la valeur sacrée de notre cohésion nationale ?

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L’héritage d’une paix à protéger

Depuis l’indépendance, le Sénégal a bâti son équilibre sur le respect mutuel entre les communautés et sur la médiation spirituelle des confréries. Comme le rappelait Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, « la paix du cœur précède la paix du pays » (Massālik al-Jinān, p. 42). De même, Seydil Hadj Malick Sy prêchait que « l’homme n’est homme que par le respect de son frère en humanité, non par son appartenance tribale » (Khilaçu ez-Zahab, p. 118).

Les attaques verbales contre des guides religieux ou contre une communauté ethnique ne sont donc pas de simples fautes morales : elles sont des blessures symboliques infligées au tissu social. Les guides spirituels, au-delà de leur rôle religieux, ont toujours servi de remparts contre la division et la haine. Comme le disait Cheikh El Hadj Malick Sy, « la parole doit unir, jamais séparer ».

La parole : bénédiction ou fléau

Le Saint Coran met en garde contre la violence verbale :

« Ô vous qui avez cru ! Qu’un peuple ne se moque pas d’un autre peuple : ceux-ci pourraient bien être meilleurs qu’eux »
(Sourate al-Ḥujurāt, 49:11).

Et encore :

« Dites aux gens de belles paroles »
(Sourate al-Baqara, 2:83).

Ces versets rappellent que la parole n’est pas un simple outil d’opinion, mais un acte de responsabilité spirituelle et sociale. Le Prophète Muhammad ﷺ affirmait :

« Celui qui croit en Allah et au Jour dernier, qu’il dise du bien ou qu’il se taise »
(Rapporté par al-Bukhârî, hadith n°6018).

Autrement dit, la liberté d’expression ne peut être détachée de l’éthique de la parole.

Quand la modernité bouscule la morale

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L’explosion des médias numériques a amplifié le pouvoir de la parole, mais aussi sa capacité de nuisance. Le philosophe Jürgen Habermas, dans Théorie de l’agir communicationnel (1981, t.1, p. 92), soulignait que « la communication démocratique doit toujours viser la compréhension, non la domination ». Or, les réseaux sociaux tendent aujourd’hui à inverser cette logique : on parle pour blesser, non pour construire.

Dans un contexte où les clivages politiques, religieux et identitaires se cristallisent, le risque est de voir le Sénégal glisser lentement vers la polarisation. Le sociologue Alioune Tine le rappelait récemment : « Le Sénégal ne tient pas seulement par ses institutions, mais par ses valeurs sociales, son dialogue et la sagesse de ses religieux » (Entretiens sur la République morale, Dakar, 2022, p. 74*).

La justice et la responsabilité : deux piliers indissociables

Certes, reconnaître sa faute est un pas vers la réconciliation. Mais, comme le disait Ibn al-Qayyim al-Jawziyya :

« Le pardon n’exclut pas la justice, car l’injustice impunie engendre la corruption du cœur »
(Madarij as-Sâlikîn, vol. 2, p. 345*).

La voie judiciaire doit suivre son cours, non pour punir, mais pour préserver la dignité collective. Car « une faute pardonnée n’est pas une faute effacée », comme le notait Blaise Pascal dans ses Pensées (fragment 298). La sanction juste est parfois un acte d’amour civique.

Le rôle de la conscience spirituelle

L’attaque contre des figures religieuses comme Serigne Pape Makhtar Kébé, inspiré des enseignements de Maodo, doit être comprise non comme un incident isolé, mais comme un symptôme d’un dérèglement éthique global. Dans une société profondément ancrée dans la foi, insulter la parole spirituelle, c’est insulter la source même de la paix.

« Allah n’élève pas un peuple par sa richesse, mais par son respect de la vérité et de la justice »,
rappelait Ibn Taymiyya (Majmû’ al-Fatâwâ, vol. 28, p. 146*).

Or, la vérité ici consiste à dire que la cohésion sociale n’est pas un acquis, mais une responsabilité permanente.

Imam chroniqueur Babacar Diop : “Notre unité nationale est un dépôt sacré”

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Comme le souligne Imam chroniqueur Babacar Diop :

« Le Sénégal doit son harmonie à une éthique du respect mutuel forgée par des siècles de coexistence spirituelle. La briser par des mots, c’est éteindre une lumière que nos ancêtres ont allumée au prix du sacrifice et de la foi. »

Et encore :

« Nous devons apprendre à parler non pour blesser, mais pour élever. La parole d’un citoyen responsable doit être une graine de paix, non une arme d’orgueil. »

Conclusion : Un engagement pour demain

Préserver la cohésion nationale, c’est honorer la mémoire des saints, des érudits et des bâtisseurs de paix qui ont fait du Sénégal un exemple. Le premier article de la Constitution l’affirme :

« Le Sénégal est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de religion. »

Mais cette égalité ne prend vie que par l’effort de chaque citoyen à protéger la dignité d’autrui.

« La diversité est une richesse quand elle devient respect », disait Tariq Ramadan (Islam et liberté, 2012, p. 211*).

Ainsi, le Sénégal doit rester fidèle à sa vocation d’exemple : un pays où la foi, la tolérance et la justice se donnent la main.

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« La paix n’est pas l’absence de conflit, mais la victoire du respect sur la colère. »

Imam chroniqueur Babacar Diop

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