Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : L’IA, promesse d’équité ou menace pour la démocratie ?
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Alors que la Côte d’Ivoire se prépare pour l’élection présidentielle de 2025, le débat sur l’usage de l’intelligence artificielle (IA) dans le processus électoral gagne du terrain. Dans une tribune parue dans Sud Quotidien, Alioune Ba, expert en éthique de l’IA, explore les espoirs et les inquiétudes que suscite cette technologie dans un pays encore marqué par les violences électorales de 2020.
Des outils pour renforcer la transparence ?
L’IA pourrait devenir un levier crucial pour garantir une élection plus équitable. Selon l’expert, son intégration pourrait améliorer la transparence et l’efficacité du scrutin. À l’image du Nigeria qui a recours à la biométrie, la Côte d’Ivoire pourrait utiliser des systèmes automatisés pour le dépouillement des votes, réduisant ainsi les risques d’erreurs et de fraudes.
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Autre innovation évoquée : les chatbots, qui pourraient guider les électeurs à travers les étapes du processus électoral, et l’analyse algorithmique, capable d’identifier les fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux. Dans un contexte où la désinformation représente une réelle menace pour la stabilité démocratique, ces technologies apparaissent comme des outils de régulation prometteurs.
Des risques de manipulation massive
Mais les bénéfices potentiels ne doivent pas masquer les dangers, avertit Alioune Ba. L’IA, mal encadrée, peut devenir une arme de désinformation, notamment à travers les deepfakes — ces vidéos truquées d’un réalisme troublant — ou le micro-ciblage électoral. Cette dernière technique, basée sur la collecte massive de données personnelles, pourrait orienter subtilement les décisions de vote, sapant ainsi le libre arbitre des citoyens.
L’expert met également en garde contre les biais algorithmiques, qui risquent de renforcer les inégalités sociales et politiques, ainsi que contre l’opacité des systèmes utilisés. « Si les citoyens ne comprennent pas comment les décisions sont prises par les algorithmes, leur confiance dans le processus électoral sera ébranlée », souligne-t-il.
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Un encadrement juridique et technique urgent
Pour éviter les dérives, Alioune Ba recommande la mise en place d’un cadre légal rigoureux. Parmi les mesures proposées : l’étiquetage obligatoire des contenus générés par IA, des restrictions sur le micro-ciblage, et des sanctions claires en cas d’abus. Il suggère également que la Commission électorale indépendante (CEI) renforce ses compétences en cybersécurité et en analyse des données.
Enfin, l’éducation des citoyens apparaît comme un axe essentiel. « Face à des contenus trompeurs de plus en plus sophistiqués, il faut former les électeurs à reconnaître les manipulations numériques », conclut-il.
Une question de souveraineté démocratique
L’échéance de 2025 pourrait marquer un tournant. Loin d’être un simple enjeu technique, l’usage de l’intelligence artificielle interroge les fondements mêmes de la démocratie en Côte d’Ivoire. La technologie peut-elle garantir un scrutin plus juste, ou au contraire, renforcer des dynamiques de contrôle et d’exclusion ? La réponse dépendra, en grande partie, des garde-fous que le pays saura mettre en place à temps.
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Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com













