Présidentielle au Congo : Denis Sassou Nguesso face à un scrutin déséquilibré et des absences majeures
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Les électeurs de la République du Congo se rendent aux urnes ce dimanche pour une élection présidentielle. Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis près de 42 ans, brigue un nouveau mandat de cinq ans dans un contexte politique marqué par l’absence des principales voix dissidentes.
Les bureaux de vote, ouverts de 7h00 à 18h00 (heure locale), accueillent plus de 3,2 millions de citoyens inscrits. Toutefois, la participation reste la grande inconnue de cette journée électorale. Lors du scrutin précédent en 2021, remporté par Denis Sassou Nguesso avec 88,4 % des suffrages, le taux de participation était de près de 68 %. Cette fois, selon Al Jazeera, la société civile et les analystes anticipent une affluence moindre.
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À 82 ans, le président sortant affronte six candidats peu connus et incapables, selon les observateurs, de constituer une véritable opposition. La campagne a mis en évidence cette asymétrie : Denis Sassou Nguesso a été le seul à parcourir le pays pour mobiliser les électeurs, tandis que les rues de Brazzaville sont tapissées de ses portraits. En parallèle, deux partis majeurs ont choisi de boycotter l’élection, dénonçant des pratiques jugées inéquitables. L’opposition est également affaiblie par l’emprisonnement et l’exil de plusieurs figures politiques.
La République du Congo, troisième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne et producteur de gaz naturel liquéfié, affiche un contraste socio-économique frappant. Le pays est régulièrement critiqué pour son climat politique restrictif : Freedom House lui attribue une note de 17/100 en matière de libertés. Sur le plan économique, malgré une stabilisation après une longue récession, 52 % des 6,1 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale. Denis Sassou Nguesso a centré sa campagne sur la continuité, promettant d’accélérer les projets de développement et d’élargir l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle.
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Sur le terrain, plusieurs électeurs expriment leur scepticisme. Gilbert, fonctionnaire de 44 ans interrogé par Al Jazeera, confie qu’il enchaîne les petits emplois pour subvenir à ses besoins et estime qu’espérer un changement serait « presque suicidaire ». Frederic Nkou, chômeur à Brazzaville, partage ce sentiment : « l’issue du scrutin est connue d’avance », selon Reuters.
Face aux critiques sur la restriction de l’espace politique et les arrestations d’activistes, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a rejeté toute accusation de partialité, assurant que les organes de contrôle électoral garantiront la transparence du vote. Les résultats provisoires devraient être connus dans les 48 à 72 heures suivant la fermeture des bureaux.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop













