Pulchérie Gbalet : la voix indocile de la société civile ivoirienne

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Pulchérie Gbalet : la voix indocile de la société civile ivoirienne

Par Tossoukpe Frédéric Herman – DUNIA NEWS

Pulchérie Édith Gbalet n’est pas seulement une militante ivoirienne : elle est devenue, au fil des années, l’un des visages les plus emblématiques de la résistance citoyenne en Afrique de l’Ouest. Sociologue de formation, syndicaliste aguerrie et activiste déterminée, elle incarne une lutte tenace pour la justice sociale, la démocratie et les droits fondamentaux en Côte d’Ivoire.

Une intellectuelle devenue figure de lutte

Formée à l’Université Félix-Houphouët-Boigny, Pulchérie Gbalet a un parcours d’abord institutionnel au sein du Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD). Mais c’est son engagement syndical, notamment dans la centrale Dignité, qui façonne sa trajectoire d’activiste.

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Elle crée ensuite Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI), un mouvement de la société civile qui se veut un contre-pouvoir face à la concentration du pouvoir politique. Avec ACI, elle s’impose comme une voix lucide, critique, et profondément engagée pour la transparence et la démocratie.

Les arrestations : symbole d’un combat inégal

La militante devient une figure nationale lors de la crise politique de 2020, marquée par la controverse autour d’un troisième mandat du président Alassane Ouattara. Gbalet appelle alors à des manifestations pacifiques pour dénoncer ce qu’elle considère comme une dérive constitutionnelle.

Sa voix dérange.
Elle est arrêtée en août 2020 et placée en détention à la MACA. Les charges sont lourdes : trouble à l’ordre public, mouvement insurrectionnel, provocation à attroupement… Une façon, selon ses soutiens, de criminaliser la dissidence.

Elle sera libérée provisoirement en avril 2021, mais l’avertissement est clair : la liberté militante a un prix.

En 2022, elle est de nouveau arrêtée après un séjour au Mali où elle avait rencontré des acteurs de la société civile dans le contexte de la crise diplomatique entre les deux pays. Elle est accusée cette fois d’entente avec une puissance étrangère et de diffusion de fausses nouvelles. Après six mois de prison, elle est libérée, mais placée sous contrôle judiciaire.

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La prison ne l’a pas brisée

À sa libération, Pulchérie Gbalet réaffirme :
« La prison ne me fera pas taire. »

Malgré des restrictions sur sa liberté d’expression et un climat politique tendu, elle reprend son engagement. Ses « Mardis de Pulchérie Gbalet », diffusés en direct sur les réseaux sociaux, deviennent une tribune populaire de veille citoyenne.

Nouvelle bataille : la lutte contre les déguerpissements

Pulchérie Gbalet consacre aujourd’hui une grande partie de son combat aux expulsions massives qui affectent des milliers de familles à Abidjan. À la tête de la Coalition des Victimes et Menacés de Déguerpissements (Covimede-CI), elle dénonce une politique urbaine qu’elle qualifie de « paupérisation inconstitutionnelle ».

Pour elle, la modernisation ne doit pas devenir une machine à broyer les plus vulnérables.

Un enjeu démocratique majeur

Le parcours de Gbalet révèle les limites de l’espace démocratique ivoirien. Ses multiples arrestations, surveillances et intimidations interrogent sur la place réelle accordée à la société civile dans un pays en quête de stabilité politique.

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Pulchérie Gbalet, par son opiniâtreté, rappelle que la démocratie ne s’arrête pas aux élections : elle se construit aussi par la contestation, la vigilance citoyenne et la liberté d’expression.

Une figure de résilience

Loin des figures politiques traditionnelles, Gbalet s’inscrit dans la longue lignée des femmes africaines qui refusent de se taire. Elle continue de porter la voix de ceux que personne n’écoute : les déplacés, les expulsés, les opprimés du quotidien.

Qu’on l’admire ou qu’on la critique, une chose demeure incontestable :
Pulchérie Gbalet est aujourd’hui l’un des visages les plus puissants de la résistance citoyenne en Côte d’Ivoire.

Tossoukpe Frédéric Herman
Pour DUNIA NEWS

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