Quand la gouvernance sportive vacille : l’affaire CAF & FIFA

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Quand la gouvernance sportive vacille : l’affaire CAF & FIFA

Le football, ce sport universel qui élève les passions et unit des milliards d’êtres humains, est aujourd’hui à un carrefour où l’éthique et la mécanique des intérêts s’affrontent. Dr Macoumba Mbodj n’a pas tort lorsqu’il affirme que certaines institutions sont perçues comme ayant « troqué la règle contre l’arrangement, l’éthique contre le calcul » : cette impression n’est pas simplement le fruit de frustrations populaires, elle est documentée par des spécialistes du management sportif et des sciences sociales.
L’un des plus importants experts contemporains sur le fléau de la corruption dans le sport est le journaliste‑chercheur canadien Declan Hill, spécialiste de l’intégrité sportive. Dans son ouvrage The Fix: Organized Crime and Soccer, Hill explique que la mondiation des jeux d’argent et des réseaux d’influence a profondément fragilisé la transparence dans le football global : « L’internationalisation des paris et des flux financiers met en danger l’intégrité du sport au plus haut niveau », écrit‑il, ajoutant que les structures mêmes du pouvoir peuvent favoriser le biais plutôt que l’équité.

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Cette analyse rejoint l’idée que la répétition d’erreurs arbitrales ou de décisions controversées (souvent interprétées comme biaisées en faveur des mêmes clubs ou nations puissants) n’est pas perçue comme « erreur humaine » par les supporters, mais comme symptôme d’un système structurel défaillant. Les enquêtes de gouvernance montrent que des organisations comme la FIFA ont été secouées par de vastes scandales de corruption impliquant des dizaines de dirigeants et des poursuites judiciaires internationales.

Il ne s’agit pas seulement de perception : l’histoire récente de la CAF elle‑même n’est pas exempte de problèmes. L’ancien président de la CAF, Ahmad Ahmad, a été suspendu pour des irrégularités liées à la gestion et à l’abus de pouvoir, montrant que même les plus hauts responsables n’échappent pas à l’examen des règles d’intégrité.

Pourtant, même au sein de ces institutions, certains dirigeants reconnaissent la gravité du défi éthique. La secrétaire générale de la FIFA, Fatma Samoura, a déclaré à propos de la lutte contre la corruption que « le football doit retrouver son image, profondément écornée par les scandales », soulignant l’importance de la transparence et de la bonne gouvernance.

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Du point de vue sociologique, la gouvernance sportive n’est pas isolée des structures politiques et économiques plus larges : elle reflète les tensions du monde moderne où l’argent, l’influence et la construction de réputation peuvent primer sur les principes fondamentaux du sport. Les travaux d’autres chercheurs en sciences sociales soutiennent que sans contrôles externes indépendants, de véritables mécanismes de reddition de comptes et une culture de transparence, les institutions sportives risquent de reproduire les mêmes biais qui minent la confiance des publics.

C’est pourquoi Mbodj affirme avec raison que « critiquer le silence n’est pas être mauvais joueur » mais défendre l’essence même du jeu. Tant que des réformes profondes ne seront pas mises en œuvre — notamment une arbitrage réellement indépendant, des sanctions crédibles et des mécanismes de gouvernance libérés des conflits d’intérêt —, la légitimité de la FIFA et de la CAF restera fragilisée aux yeux de millions de supporters.

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Le football africain et mondial mérite mieux qu’une gouvernance perçue comme opaque ; il mérite que l’on restaure l’équité, le mérite et le respect qui fondent l’esprit du sport. Ainsi, comme l’a souligné un expert en gouvernance sportive, « le sport ne peut réaliser son plein potentiel que si ses institutions incarnent les valeurs qu’il promet »

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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