Quand le ciel pleure, la terre revit : les bienfaits spirituels, écologiques et humains de la pluie

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Quand le ciel pleure, la terre revit : les bienfaits spirituels, écologiques et humains de la pluie

Par Imam chroniqueur
Babacar Diop

« Et Nous avons fait descendre du ciel une eau bénie, avec laquelle Nous faisons pousser des jardins et les grains que l’on moissonne. »
(Sourate Qâf, 50:9)

La pluie. Elle tombe sans prévenir, frappe les toits, caresse les feuilles, et pénètre les entrailles de la terre. En elle se croisent science et spiritualité, écologie et eschatologie, matière et mystère. Alors que certains y voient un inconvénient quotidien, les sages, les poètes et les savants y perçoivent un miracle discret.

  1. La pluie, source première de toute vie

La pluie n’est pas une simple variation météorologique : elle est la matrice originelle de la vie terrestre. Selon les dernières données de la FAO (2024), 80 % de l’agriculture mondiale dépend de la pluie. Dans les zones arides comme le Sahel, une seule saison pluvieuse peut décider du sort d’une année entière.

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Le professeur Cheikh Mbow, directeur du Centre de Suivi Écologique de Dakar, souligne :

« Le dérèglement des pluies est aujourd’hui l’un des marqueurs les plus visibles du changement climatique en Afrique de l’Ouest. Il menace directement la sécurité alimentaire. »

  1. Un moment sacré et purificateur

Le Prophète ﷺ enseignait :

« Cherchez l’exaucement de vos invocations lors de trois moments : quand il pleut, lors de l’appel à la prière, et entre l’appel et l’iqâma. »
(Rapporté par al-Shâfi‘î)

Sous la pluie, la terre se purifie. Mais aussi les cœurs. Ibn al-Qayyim écrit dans Zâd al-Ma‘âd :

« La pluie est à la terre ce que la miséricorde est aux âmes : elle descend sans condition, et féconde tout ce qu’elle touche. »
(tome 4, p. 133)

Les neurosciences modernes confirment aussi que le bruit de la pluie diminue le cortisol, hormone du stress, et stimule la mémoire sensorielle et émotionnelle (étude MIT, 2023).

  1. Une pédagogie de l’humilité

La pluie nous enseigne l’humilité. Elle tombe où elle veut. Nul ne peut la retenir ni la précipiter. Elle rappelle à l’homme qu’il n’est pas le maître absolu du monde.

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Ibn Taymiyya écrivait :

« L’homme peut construire des palais, mais il ne peut invoquer une goutte de pluie sans le décret divin. »
(Majmû’ al-Fatâwâ, t. 24, p. 262)

  1. Un moteur écologique et pastoral

Dans les zones pastorales du Sénégal, du Mali et du Niger, les premières pluies provoquent des transhumances massives. Les éleveurs remontent vers les zones de pâturage, ravivées par l’herbe nouvelle. Une étude de l’Institut du Sahel (2023) indique que la reprise des pluies en mai-juin provoque un regain de lait, de viande et de dynamisme local.

  1. Un avertissement climatique

La pluie est aussi un baromètre du chaos écologique contemporain. Les excès comme les déficits de précipitations provoquent famines, glissements de terrain, inondations urbaines. Dakar, en 2022, a vu ses quartiers populaires engloutis par des pluies diluviennes : preuve que l’eau peut bénir comme elle peut frapper.

Le Coran avertit :

« La corruption est apparue sur terre et en mer à cause de ce que les mains des hommes ont accompli. »
(Sourate al-Rûm, 30:41)

Dans Réparer la terre, l’écophilosophe Pierre Madelin ajoute :

« Ce n’est pas la pluie qui est déchaînée, c’est l’ordre du monde que l’homme a déréglé. » (Éditions Wildproject, 2020, p. 92)

  1. Une diplomatie de la pluie : géopolitique de l’eau

La pluie n’est plus seulement une affaire de paysans. Elle est désormais au cœur des conflits géopolitiques. Le Nil, le Sénégal, le Niger : les grands fleuves dépendent tous des pluies de saison. L’UNESCO (Rapport 2024) alerte que plus de 50 pays seront en tension hydrique majeure d’ici 2050 si les pluies continuent d’être irrégulières.

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  1. Une pluie de signes pour le croyant

La pluie est un signe (âyah). Elle nous parle de Dieu, de notre fragilité, de notre besoin constant. Ibn al-Jawzî écrivait dans Sayd al-Khâtir :

« Quand le ciel s’ouvre, médite. Ce n’est pas une machine aveugle qui déverse de l’eau, c’est un décret lumineux qui parle à ta foi. » (p. 153)

Et le Coran conclut :

« N’as-tu pas vu que Dieu fait descendre du ciel de l’eau, et qu’avec elle, la terre devient verte ? »
(Sourate al-Hajj, 22:63)

Conclusion : Apprends à bénir la pluie

En définitive, la pluie est une miséricorde visible, un rappel, un bienfait fragile. Elle fertilise les sols, soigne les âmes, et nous invite à la gratitude, à la préservation de la planète et à la contemplation.

Ne fuyons plus la pluie. Recevons-la comme on reçoit une prière exaucée, car quand le ciel pleure, c’est souvent pour que la terre revive.

Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

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