Quand l’épreuve révèle la grandeur : le sacre sénégalais au-delà du score

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Quand l’épreuve révèle la grandeur : le sacre sénégalais au-delà du score

Il est des victoires qui dépassent le simple cadre du sport pour devenir des moments de communion nationale. Celle que vient d’offrir l’équipe nationale du Sénégal appartient à cette catégorie rare. Elle a suscité une joie profonde, presque solennelle, chez un peuple debout pour célébrer le courage, la résilience, la générosité dans l’effort, mais aussi l’intelligence tactique et stratégique d’une équipe désormais entrée dans l’histoire.
Le football, ai-je souvent coutume de le rappeler, n’est jamais un simple affrontement de onze joueurs contre onze autres.

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L’épreuve traversée par les Lions en a fourni une démonstration éclatante. La rencontre fut marquée par un arbitrage pour le moins préoccupant, illustrant certaines dérives persistantes qui fragilisent encore le football africain. Refuser un but parfaitement valable au Sénégal, puis siffler à la toute dernière minute un penalty imaginaire contre notre équipe, relevait moins de l’erreur humaine que d’un abandon manifeste des principes élémentaires de l’éthique sportive.
Mais le football, parfois, sait rétablir ses propres équilibres. En arrêtant ce penalty indigne, Édouard Mendy a incarné cette forme de justice immanente qui rappelle que, par-delà les hommes, une force supérieure veille. Pendant que l’arbitre, devenu malgré lui un douzième homme en noir, faisait preuve d’une myopie sélective face aux fautes adverses, il examinait à la loupe électronique la moindre action sénégalaise. Une posture sans élégance ni hauteur, symptôme d’un arbitrage d’une étroitesse affligeante.
Un tel comportement constitue une force centrifuge dangereuse, car il sape l’unité africaine que le sport devrait contribuer à renforcer. Justice, équité, respect et fraternité sont des valeurs cardinales que le football est censé incarner. Cet arbitrage restera, à n’en point douter, inscrit dans les annales de la médiocrité sportive.

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Au-delà de cette parenthèse regrettable, l’essentiel demeure ailleurs. Le Maroc doit rester dans le cœur des Sénégalais. Ce qui s’est produit doit être compris comme une conséquence directe d’un mauvais arbitrage, et non comme l’expression d’une rivalité malsaine. Les scènes de violence observées par ailleurs doivent être condamnées avec fermeté, d’où qu’elles viennent, au nom des valeurs que nous partageons.
Il convient surtout de saluer avec force les véritables artisans de ce sacre : les joueurs, ces diambars, qui ont rappelé les plus belles pages de notre histoire sportive tout en y ajoutant une contribution désormais gravée dans le marbre le plus noble. Courage, lucidité, solidarité et sens aigu du collectif ont été les marqueurs de leur parcours.
À ces félicitations s’associe pleinement l’entraîneur Pape Thiaw. En environ dix mois, intérim compris, de mars 2025 à janvier 2026, il a conduit le Sénégal au sommet continental. Cette performance exceptionnelle témoigne de sa parfaite connaissance de l’écosystème footballistique national et international, de son professionnalisme, de sa rigueur méthodologique, de sa maîtrise tactique et stratégique, mais aussi de son adhésion à une approche participative et interdisciplinaire du football moderne.
Il nous a fait honneur, a répondu aux attentes et a considérablement élargi l’horizon de nos rêves. Le Sénégal a désormais de solides raisons de croire en un avenir radieux. Toutefois, la victoire ne saurait autoriser ni relâchement ni autosatisfaction. Il faudra poursuivre le travail avec méthode, exigence et humilité pour demeurer durablement sur le toit de l’Afrique et porter dignement le drapeau continental lors de la prochaine Coupe du monde.
Cet objectif est à notre portée, à condition d’engager sans tarder un bilan rigoureux — technique, administratif et comptable — afin de corriger nos insuffisances, consolider nos acquis et les élargir.
Retenons enfin deux enseignements majeurs de cette finale.

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D’abord, la confirmation éclatante de notre pépinière de jeunes talents. Ibrahima Mbaye, impressionnant de constance et de maturité, confirme match après match l’immensité de son potentiel. À la prochaine Coupe du monde, il pourrait rappeler au monde ce Pelé qui, à 18 ans, avait émerveillé la planète. Notre prodige atteindra le même âge avant la fin du mois de janvier : le rendez-vous avec l’histoire est clairement fixé.
Mamadou Sarr, quant à lui, impressionne par sa sérénité, sa précision et son calme. Sa maturité de jeu impose désormais l’évidence : les portes de la cour des grands lui sont grandes ouvertes. Iliman Ndiaye, naturellement doué et intelligent dans ses déplacements comme dans ses choix, dispose encore d’importantes marges de progression.
Ensuite, le rôle déterminant des cadres de la Tanière demeure intact. Leur expérience, riche et plurielle, constitue un capital stratégique majeur. L’expérience ne vieillit pas : elle se transforme, à condition d’en redéfinir intelligemment les usages et les responsabilités.
Soyons fiers de nos Lions.
Le Sénégal est une grande nation de football : trois finales sur les quatre dernières Coupes d’Afrique des Nations, deux sacres continentaux. Le bilan n’est pas seulement bon, il est excellent.
C’est tout un écosystème footballistique qui vient de triompher.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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