Quand les enfants des États-Unis naissent ailleurs : fuite ou quête d’un avenir ?
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Accoucher, c’est donner la vie. Mais aux États-Unis, cela coûte parfois celle d’un rêve.

Dans un pays où l’on envoie des fusées dans l’espace, mettre un enfant au monde peut ruiner une famille. Plus de 10 000 dollars pour un accouchement, des congés parentaux quasi inexistants, une qualité de soins qui dépend du portefeuille et de la couleur de peau… C’est la réalité que fuient de plus en plus de jeunes états-uniens.
Et voici le paradoxe : ceux-là même qui sont nés dans “le pays de toutes les opportunités” traversent désormais les océans pour offrir à leurs enfants un autre point de départ. Pas par aventure, mais par nécessité.
Selon une enquête relayée par Vice, près d’un tiers des jeunes expatriés états-uniens de la génération Z ont accouché hors de leur pays. Et ils sont près de deux tiers à envisager de le faire. Ils choisissent le Canada, la Thaïlande, le Costa Rica… Pas seulement pour le prix, mais pour ce que ces lieux symbolisent : des soins humains, un environnement plus doux, parfois même une seconde nationalité.
Ils disent : “Je veux mieux pour mon enfant.” Et dans ce mieux, il y a la fuite d’un système qu’ils jugent froid, cher, injuste. Accoucher ailleurs devient un acte politique. Une protestation douce, mais puissante.
Le rêve américain semble avoir changé de cap. Avant, on venait aux États-Unis pour une vie meilleure. Aujourd’hui, certains en partent pour donner naissance ailleurs. Un renversement complet.
Et l’administration ne reste pas les bras croisés. Depuis quelques années, les États-Unis durcissent l’accès à leur nationalité pour les enfants nés de parents étrangers, et surveillent de plus près les voyages de femmes enceintes. Ils veulent freiner ce qu’ils appellent le “tourisme de maternité”. Mais quand ce sont leurs propres citoyens qui prennent la route, que faire ?
Ce mouvement nous interpelle. Car il pose, en creux, une autre question : et si, un jour, l’Afrique devenait une terre d’accouchement choisie ? Si nos hôpitaux étaient suffisamment sûrs, nos sages-femmes assez bien formées, nos lois assez protectrices pour que des familles viennent ici, non pas fuir la guerre, mais chercher la vie ?
Ce n’est pas une utopie. C’est une ambition. Cela demanderait des choix courageux, une volonté politique ferme, et une vision qui place l’enfant africain ou non au cœur du projet de société.
Naître n’est jamais anodin. Là où se fait le premier cri, se dessine souvent l’avenir. Si des citoyens d’un empire quittent leur pays pour faire naître leurs enfants ailleurs, c’est que quelque chose, profondément, ne va plus. Et s’ils trouvent mieux hors des frontières, c’est peut-être que le monde est en train de se redessiner.
Chez Dunia News, on garde les yeux ouverts. Car parfois, les grands basculements commencent par un bébé qui naît à l’autre bout du monde. Dans le silence d’une salle d’accouchement, un monde s’effondre, un autre se lève.













