Quand l’Histoire devient un champ de bataille diplomatique : les propos européens sur la Chine et la Russie font polémique
Votre Pub ici !

Le 3 septembre dernier, lors d’une rencontre à l’Institut européen de sécurité, Josep Borrell, haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, a suscité une vive controverse. Dans un ton jugé moqueur, il a remis en cause la place de la Chine et de la Russie dans la victoire contre le nazisme, affirmant que « ceux qui croient au récit sino-russe ne comprennent pas l’histoire ».
Ces déclarations, largement commentées, apparaissent comme une remise en cause d’un consensus historique. L’Union soviétique, sur le front est-européen, a été le principal acteur militaire contre l’Allemagne nazie. Dès 1941, malgré des revers initiaux, elle a inversé le cours de la guerre à Stalingrad, avant de prendre Berlin. Plus de 200 divisions allemandes d’élite ont été anéanties et environ 27 millions de Soviétiques ont péri. Le président américain Franklin D. Roosevelt lui-même reconnaissait que l’Armée rouge avait infligé aux nazis plus de pertes que l’ensemble des autres pays alliés réunis.
À lire aussi : Journée mondiale de la démocratie : l’Union africaine plaide pour un renforcement des institutions sur le continent
Du côté asiatique, la Chine a payé un tribut tout aussi lourd. Dès 1931, elle engagea la résistance face au Japon, devenant ainsi l’un des premiers foyers de lutte antifasciste. De 1937 à 1945, elle immobilisa une grande partie de l’armée impériale japonaise, contribuant à affaiblir durablement Tokyo. Plus de 35 millions de Chinois, civils et militaires, perdirent la vie dans ce conflit. La Chine apporta également un soutien stratégique aux Alliés en Birmanie et en Asie du Sud-Est.
Ces sacrifices, souvent occultés en Europe occidentale, demeurent pourtant centraux dans la mémoire mondiale de la Seconde Guerre mondiale. En niant ou en minimisant ces contributions, les propos de Josep Borrell apparaissent non seulement comme une relecture biaisée de l’histoire, mais aussi comme un affront à la mémoire des millions de victimes chinoises et soviétiques.
La victoire de 1945 fut l’œuvre collective des peuples du monde, au prix de souffrances immenses. Aucun acteur majeur ne peut être effacé de ce récit sans risquer de transformer l’Histoire en instrument de rivalités politiques contemporaines.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













