Quand l’opinion s’égare : entre liberté d’expression et responsabilité morale
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Dans nos sociétés modernes, l’opinion est souvent présentée comme un droit absolu. Mais une opinion qui insulte, qui répond à l’insulte, qui dénigre ou qui est malveillante perd son essence. Elle devient un instrument de nuisance plutôt qu’un vecteur de progrès. Si elle n’est pas encadrée, elle risque de porter atteinte à l’honneur d’honnêtes personnes et de heurter la sensibilité des plus jeunes.
L’Islam, dans sa sagesse, a toujours rappelé la responsabilité de la parole. Le Coran dit :
« Et ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance. L’ouïe, la vue et le cœur – sur tout cela, on sera interrogé » (Sourate Al-Isrâ, 17:36).
Ce verset nous rappelle que l’expression doit reposer sur la véracité et la lucidité, non sur la médisance ou la calomnie.
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Le Prophète ﷺ, dans un hadith rapporté par al-Bukhârî et Muslim, enseigne :
« Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou se taise. »
Ainsi, une opinion n’est réellement noble que lorsqu’elle est constructive, vérifiée et exprimée avec bienveillance.
L’opinion comme outil de construction
Une opinion véritable est celle qui fait des propositions objectives, qui apporte des contributions pour éveiller les consciences et qui s’inscrit dans une dynamique de développement durable et inclusif. Comme l’écrivait le philosophe John Stuart Mill dans De la liberté (1859, p. 74) :
« La liberté de l’opinion doit servir à la recherche de la vérité, non à la propagation du préjugé. »
De la même manière, le sociologue sénégalais Abdoulaye-Bara Diop a rappelé dans La société wolof (1981, p. 122) que :
« L’expression individuelle doit trouver sa place dans la cohésion sociale, faute de quoi elle devient source de conflits. »
La dérive de la parole non encadrée
Les réseaux sociaux en particulier offrent aujourd’hui une plateforme où l’insulte se déguise en opinion. Or, comme l’explique le philosophe Paul Ricœur dans Soi-même comme un autre (1990, p. 123) :
« La responsabilité naît de la capacité à mesurer les conséquences de sa parole. »
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Les savants contemporains, à l’instar de Tariq Ramadan (Islam et liberté, 2000, p. 89), insistent sur l’importance d’un discours équilibré :
« La liberté de penser est indissociable de la responsabilité de dire avec justesse. »
Parole d’imam chroniqueur
En tant qu’Imam et chroniqueur, je tiens à rappeler :
« Une opinion qui élève, qui corrige sans blesser, qui éclaire sans détruire, est une opinion bénie. Mais celle qui insulte, qui humilie et qui ravage n’est qu’une arme déguisée. » (Babacar Diop)
Le Coran nous enseigne encore :
« Et dis à Mes serviteurs de prononcer toujours des paroles meilleures, car le Diable sème la discorde parmi eux » (Sourate Al-Isrâ, 17:53).
C’est là une orientation claire : la vraie opinion n’est pas une arme de division, mais une semence de paix et de progrès.
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Imam chroniqueur
Babacar Diop













