Ramadan : Qui doit payer la Fidya, l’aumône compensatoire du jeûne ?

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Ramadan : Qui doit payer la Fidya, l’aumône compensatoire du jeûne ?

Le jeûne du Ramadan est l’un des cinq piliers de l’islam et constitue une obligation pour tout musulman adulte et en bonne santé. Le Coran souligne cette obligation, tout en laissant place à la miséricorde pour ceux qui ne peuvent observer le jeûne :

« Ô vous qui croyez ! Le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit à ceux avant vous, afin que vous soyez pieux. Mais quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours… » (Coran, 2:183‑184)

Cependant, certains fidèles se trouvent dans des situations les empêchant de jeûner temporairement ou définitivement. Les exemptions les plus fréquentes concernent :

Les malades dont le jeûne pourrait compromettre leur rétablissement ;

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Les voyageurs, conformément à la facilité accordée par la Sharia ;

Les femmes en période menstruelle ou post-partum ;

Les femmes enceintes ou allaitantes, lorsque le jeûne représente un risque pour elles ou pour l’enfant.

La Fidya : une compensation pour ceux qui ne peuvent jeûner

Pour les personnes incapables de rattraper leurs jours de jeûne, comme les malades chroniques ou les personnes âgées très fragiles, l’islam prévoit la Fidya, une forme d’aumône compensatoire.

Imam Birame Pouye, animateur religieux à la Radiotélévision sénégalaise, explique :

« La Fidya consiste à nourrir un pauvre pour chaque jour de jeûne manqué. On peut donner un repas complet ou l’équivalent en denrées de base (riz, blé, dattes), voire une somme d’argent correspondant au prix d’un repas simple. L’objectif reste de faciliter le respect de l’obligation religieuse tout en soutenant les démunis. »

Cette pratique s’appuie sur le Coran :

« …et pour ceux qui ne pourraient jeûner qu’avec grande difficulté, il y a un expiation : nourrir un pauvre… » (Coran, 2:184)

Et sur les enseignements prophétiques :

Selon un hadith rapporté par Ibn Abbas, le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui ne peut jeûner à cause d’une maladie ou de la vieillesse, qu’il nourrisse chaque jour une personne pauvre. » (Sahih al-Bukhari, 1904)

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Fidya et rattrapage : priorité au jeûne si possible

Si la personne retrouve la capacité de jeûner, elle doit alors rattraper les jours manqués au lieu de se limiter à la Fidya. Comme le souligne le théologien contemporain Dr. Khaled Abou El Fadl :

« La Fidya n’est pas une alternative permanente mais une solution de miséricorde pour ceux qui sont dans l’impossibilité définitive. Elle reflète la flexibilité et la compassion de la loi islamique. » (Abou El Fadl, The Great Theft, Yale University Press, 2005, p. 72)

Tariq Ramadan, dans ses travaux sur la jurisprudence contemporaine, précise également que :

« La Fidya permet à la personne de participer activement à la charité et à la solidarité, même si le jeûne physique est impossible. Elle relie la dimension spirituelle et sociale de l’islam. » (La Charité en islam, Albouraq, 2011, p. 58)

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Calcul pratique de la Fidya

Le principe est simple : un jour de jeûne manqué = un repas offert à une personne dans le besoin. Ainsi :

30 jours non jeûnés → nourrir 30 personnes ou une personne pendant 30 jours ;

L’équivalent monétaire est calculé selon le coût moyen d’un repas simple dans le pays.

En conclusion, la Fidya constitue une application concrète de la miséricorde et de la flexibilité de la loi islamique, permettant à ceux qui ne peuvent jeûner de remplir leur devoir religieux tout en contribuant au bien-être des plus démunis.

Par imam chroniqueur
Babacar Diop

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