RDC : L’Assemblée nationale autorise les poursuites judiciaires contre le ministre de la Justice Constant Mutamba

Votre Pub ici !

Partager cet article
RDC : L’Assemblée nationale autorise les poursuites judiciaires contre le ministre de la Justice Constant Mutamba

Kinshasa, 29 mai 2025 — Un tournant majeur dans la lutte contre l’impunité en République démocratique du Congo. L’Assemblée nationale a officiellement donné son feu vert à l’ouverture d’une instruction judiciaire visant le ministre d’État à la Justice, Constant Mutamba, soupçonné de détournement de fonds publics.

Selon le réquisitoire transmis par le procureur général près la Cour de cassation, 19 millions de dollars américains auraient été détournés sur les 39 millions alloués à la construction d’une prison moderne à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.

Une procédure exceptionnelle

La procédure a été enclenchée sur demande du parquet général, dans le cadre de l’article 164 de la Constitution qui exige une autorisation préalable de la Chambre basse pour engager des poursuites contre un membre du gouvernement. Une commission spéciale de 21 députés a été constituée pour examiner la recevabilité de la demande. À l’issue des travaux, 17 membres ont voté en faveur de la levée de l’immunité, 2 ont voté contre, et 2 se sont abstenus.

Le ministre se défend

De son côté, Constant Mutamba clame son innocence et remet en cause la légitimité de la démarche judiciaire. Dans une déclaration au ton ferme, il affirme :

« Je n’ai pas peur de la prison. Je suis prêt. Mais je m’étonne qu’un procureur général lui-même sous enquête s’acharne contre moi. »

Le ministre dénonce une manœuvre politique, affirmant que l’affaire est « instrumentalisée » pour le discréditer à l’approche de remaniements attendus au sein du gouvernement Sama Lukonde.

Une affaire aux fortes implications

Ce dossier met en lumière les enjeux persistants de corruption dans les secteurs clés de l’État, notamment dans le domaine pénitentiaire, qui reste sous-financé et marqué par de nombreuses irrégularités.

La société civile appelle à la transparence totale dans la suite de la procédure. Pour plusieurs ONG de lutte contre la corruption, cette affaire est un test grandeur nature pour le système judiciaire congolais, souvent accusé de partialité ou d’inaction dans les dossiers impliquant des hauts responsables.

Et maintenant ?

Avec l’autorisation obtenue, le procureur général peut désormais lancer officiellement les poursuites et convoquer Constant Mutamba devant la justice. Reste à savoir si cette démarche aboutira à un procès équitable, ou si elle se heurtera à des blocages institutionnels et politiques.

Une chose est certaine : ce développement constitue un signal fort — attendu depuis longtemps — que nul n’est au-dessus des lois, même au sommet de l’État.

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci