RECRUDESCENCE DE LA RAGE AU BÉNIN : UN ENFANT DÉCÈDE, L’ÉTAT RÉAGIT AVEC FERMETÉ
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Par la rédaction de Dunia News
Djidja, avril 2025
Le Bénin est de nouveau confronté à une menace sanitaire grave : la rage canine. Au premier trimestre 2025, plusieurs cas ont été signalés dans différentes communes du pays, culminant dans un drame survenu à Djidja, où un enfant de huit ans a perdu la vie après avoir été mordu par un chien infecté. Ce décès, largement relayé sur les réseaux sociaux, a profondément ému l’opinion publique et poussé les autorités à sortir de leur silence.
Dans un communiqué conjoint publié le 28 avril, les ministères de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Santé ont dressé un état des lieux préoccupant de la situation. Malgré les efforts entamés depuis 2021 – incluant des campagnes de vaccination à coût réduit et un accès élargi aux soins vétérinaires – la rage continue de faire des victimes, principalement en raison de la prolifération des animaux non vaccinés et des chiens errants.
Un fléau persistant malgré les efforts
En 2024, 1 194 cas de morsures ont été enregistrés à l’échelle nationale. Parmi eux, vingt ont conduit à des décès, preuve que la rage reste une urgence de santé publique. La maladie, mortelle et transmissible à l’homme par morsure, griffure ou léchage d’animaux contaminés, est pourtant évitable par la vaccination.
Les ministres pointent du doigt une négligence persistante de certaines franges de la population qui refusent encore de faire vacciner leurs animaux domestiques. À cela s’ajoute le phénomène croissant de divagation animale, notamment dans les zones rurales où les campagnes de sensibilisation peinent à atteindre leur objectif.
Des mesures strictes pour enrayer l’épidémie
Face à cette situation alarmante, les autorités annoncent un durcissement des mesures. Désormais, tout animal domestique en divagation – notamment les chiens et les chats – fera l’objet d’un abattage systématique. Cette décision, bien que controversée, vise à protéger les populations, en particulier les enfants, souvent les plus exposés.
Dans le département du Zou, où se situe la commune de Djidja, le préfet Saliou Odoubou a donné des instructions fermes aux services vétérinaires et aux forces de l’ordre pour une mise en œuvre immédiate de cette mesure.
Quatre consignes pour la population
Le gouvernement appelle également les citoyens à observer quatre recommandations cruciales pour lutter contre la rage :
1. Éviter tout contact avec des animaux errants ou au comportement inhabituel.
2. Signaler sans délai aux autorités tout animal suspect.
3. Faire vacciner régulièrement les animaux de compagnie.
4. Se rendre immédiatement dans un centre de santé en cas de morsure, même bénigne.
Vers une riposte plus soutenue ?
Au-delà des mesures d’urgence, des voix s’élèvent pour appeler à une riposte plus structurelle. Des vétérinaires plaident pour un renforcement des campagnes de vaccination, en zone urbaine comme rurale, ainsi qu’une meilleure coordination entre les communes, les préfectures et les services de santé.
Car si la rage est connue et maîtrisable, elle continue de tuer dans le silence. Et tant qu’elle ne sera pas éradiquée, la vigilance doit rester constante.













