Religion : Sarah Mullally, une femme à la tête de l’Église anglicane, un tournant historique sous tension

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Religion : Sarah Mullally, une femme à la tête de l’Église anglicane, un tournant historique sous tension

L’Église anglicane d’Angleterre a franchi un seuil inédit de son histoire. Mercredi 28 janvier 2026, Sarah Mullally, 63 ans, est devenue la 106ᵉ archevêque de Canterbury. Ancienne infirmière, évêque de Londres depuis 2018, elle est la première femme à accéder à cette fonction suprême, équivalente à celle du pape dans l’Église catholique romaine. Une nomination historique qui, loin de faire l’unanimité, ravive de profondes fractures au sein du monde anglican, notamment en Afrique.

C’est une page vieille de plus de quatorze siècles qui se tourne à Canterbury. Pour la première fois depuis la fondation de l’Église anglicane, une femme en prend la direction spirituelle.

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Une trajectoire singulière au sommet du religieux britannique

Avant d’entrer dans les ordres, Sarah Mullally a d’abord exercé comme infirmière, puis comme haute responsable du système de santé britannique. Cette double culture sociale et pastorale a longtemps façonné son approche du ministère, axée sur l’écoute, la réforme et la proximité avec les réalités contemporaines.

Ordonnée évêque en 2015, elle gravit rapidement les échelons jusqu’à devenir évêque de Londres, l’un des postes les plus influents de l’Église d’Angleterre. Sa nomination à Canterbury apparaît aujourd’hui comme l’aboutissement d’un long processus de transformation interne de l’institution anglicane, engagée depuis plusieurs décennies dans une ouverture progressive aux femmes dans le clergé.

Mais cette avancée symbolique ne se limite pas à une question de genre. Elle interroge la capacité d’une Église historique à se réinventer dans un monde traversé par des mutations culturelles, sociales et théologiques profondes.

Une autorité spirituelle au rôle mondial

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L’archevêque de Canterbury n’est pas seulement le primat de l’Église d’Angleterre. Il ou elle est aussi la figure morale de référence de la Communion anglicane, qui regroupe plus de 85 millions de fidèles répartis dans plus de 165 pays.

À ce titre, Sarah Mullally hérite d’un rôle d’équilibriste : maintenir l’unité d’une famille religieuse diverse, marquée par des sensibilités théologiques parfois antagonistes, notamment sur les questions d’ordination des femmes, de morale sexuelle et de gouvernance ecclésiale.

L’Afrique anglicane en rupture ouverte

À peine nommée, la nouvelle archevêque fait déjà face à une contestation frontale. Plusieurs églises anglicanes d’Afrique, regroupées au sein du mouvement conservateur Global Anglican Future Conference (GAFCON), ont annoncé ne plus reconnaître l’autorité spirituelle de l’archevêque de Canterbury.

Pour ces courants, l’ordination d’une femme à la tête de l’Église anglicane constitue une rupture doctrinale majeure. Derrière la question du genre, se dessine une opposition plus large entre une vision occidentale, perçue comme libérale et évolutive, et des Églises africaines attachées à une lecture plus littérale des textes bibliques.

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Cette fracture met en lumière un paradoxe central : alors que la croissance démographique et spirituelle de l’anglicanisme se joue aujourd’hui majoritairement en Afrique, l’autorité historique demeure ancrée en Europe, avec des orientations qui ne font plus consensus.

Un symbole fort dans un monde religieux en recomposition

La nomination de Sarah Mullally dépasse largement le cadre confessionnel britannique. Elle s’inscrit dans un mouvement global de redéfinition des leaderships religieux, où la question de la représentation des femmes devient un marqueur des transformations contemporaines.

Reste à savoir si ce tournant historique renforcera l’unité de l’Église anglicane ou accélérera son éclatement. Pour Sarah Mullally, l’enjeu est désormais clair : incarner un leadership capable de dialoguer avec les résistances, sans renoncer à la dynamique de réforme qu’elle symbolise.

En accédant à l’archevêché de Canterbury, Sarah Mullally ne devient pas seulement la première femme à diriger l’Église anglicane. Elle devient aussi le visage d’un anglicanisme à la croisée des chemins, pris entre fidélité à la tradition et nécessité d’adaptation. Une équation délicate, dont l’issue pourrait redessiner durablement la carte du christianisme mondial.

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Celine Dou

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