Rentrée scolaire : 16 conseils pour préserver la dignité des enseignants
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À l’heure de la reprise des classes, un rappel s’impose : le métier d’enseignant n’est pas seulement une fonction, c’est une mission sociale et morale. Dans un contexte où le respect de l’autorité à l’école est souvent fragilisé, préserver sa dignité et son professionnalisme devient un impératif.
Autorité et distance
Un enseignant qui se montre trop familier avec les parents ou trop joueur avec ses élèves risque de perdre toute crédibilité. Le pédagogue Philippe Meirieu rappelle : « L’autorité de l’enseignant repose sur une distance ajustée : trop proche, il perd sa légitimité ; trop éloigné, il devient inaccessible » (Pédagogie : le devoir de résister, 2007, p. 46).
Le Coran souligne lui aussi l’importance du cadre : « Ô vous qui croyez ! Préservez vos personnes et vos familles d’un Feu dont le combustible sera les hommes et les pierres » (Sourate 66, verset 6). Préserver, c’est poser des limites fermes.
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La puissance des paroles et de l’image
Un mot de travers peut blesser un élève pour la vie. Le Prophète ﷺ recommandait : « Quiconque croit en Allah et au Jour dernier, qu’il dise du bien ou qu’il se taise » (rapporté par Al-Bukhari et Muslim).
De même, l’apparence compte : Ibn al-Qayyim écrivait déjà au XIVᵉ siècle que « l’enseignant doit se distinguer par son apparence autant que par son savoir, car le regard des élèves se forme avant même que leurs oreilles n’écoutent » (Miftah Dar al-Sa‘ada, vol. 1, p. 155).
Dignité et responsabilité
Demander de l’argent à ses élèves, critiquer son école devant les parents ou fréquenter les maisons pour des besoins personnels fragilise la dignité du métier. « La main supérieure (qui donne) est meilleure que la main inférieure (qui reçoit) » (hadith rapporté par Al-Bukhari).
Le philosophe Sénèque l’avait déjà formulé : « Ce n’est pas la pauvreté qui avilit, mais la manière de la vivre » (Lettres à Lucilius, Lettre 20).
La préparation, clé du respect
Un enseignant qui entre en classe sans préparation s’expose au ridicule. Ibn Jama‘ah, érudit musulman du XIIIᵉ siècle, rappelait : « L’enseignant doit toujours se préparer avant d’enseigner, car l’ignorance exposée devant les élèves est une humiliation » (Tadhkirat al-Sami‘ wal-Mutakallim, p. 89).
Équité et justice
L’élève doit sentir que son maître est impartial. Le Prophète ﷺ disait : « Soyez équitables entre vos enfants » (rapporté par Ahmad). Cette recommandation vaut aussi pour les élèves : le favoritisme détruit l’autorité et la confiance.
La parole de l’imam chroniqueur Babacar Diop
Dans sa chronique, l’imam Babacar Diop insiste :
« L’enseignant est un amîn, un dépôt sacré confié à la société. Comme le dit le Coran : “Certes, Allah vous ordonne de rendre les dépôts à leurs ayants droit” (Sourate 4, verset 58). L’enseignement est ce dépôt. Celui qui l’assume avec noblesse est un réformateur ; celui qui l’abandonne par négligence est un traître à sa mission. »
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Et de rappeler :
« Le maître doit être ferme sans dureté, proche sans familiarité, humble sans jamais se rabaisser. L’élève n’apprend pas seulement vos cours, il apprend aussi votre manière de vivre et votre sens de l’honneur. Enseigner, c’est transmettre à la fois le savoir et la dignité. »
Un enjeu national
Ces seize principes sont plus que des conseils individuels : ils sont un enjeu national. Comme le souligne le sociologue François Dubet : « L’école ne repose pas seulement sur la transmission des savoirs, mais sur la crédibilité des maîtres » (L’école des chances, 2004, p. 59).
Protéger la dignité des enseignants, c’est donc protéger l’avenir même de l’éducation et de la société sénégalaise.
En clair : l’enseignant doit se respecter pour être respecté. Et à travers lui, c’est toute la Nation qui élève ses enfants.
imam chroniqueur
Babacar Diop













