« Repaire de Racines » d’Abou Tall : Quand la poésie devient mémoire et résistance

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« Repaire de Racines » d’Abou Tall : Quand la poésie devient mémoire et résistance

La parution du recueil Repaire de Racines d’Abou Tall, édité chez Baobab Édition, marque un tournant dans la poésie sénégalaise contemporaine. Plus qu’une œuvre littéraire, ce livre est une plongée dans la mémoire collective, un appel à la préservation des valeurs, et une invitation à revisiter les racines historiques et spirituelles qui façonnent l’identité africaine.

Abou Tall, professeur d’informatique et formateur en infographie, est également fondateur de DécliC-Média Production. Son parcours, partagé entre rigueur scientifique et passion culturelle, fait de lui une voix singulière dans l’univers de la poésie sénégalaise. Son recueil, nourri de réflexions sur la mémoire des Tirailleurs sénégalais, la beauté de l’Afrique et la force de la transmission, se situe dans la lignée des grandes œuvres qui allient histoire et esthétique.

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Le philosophe camerounais Achille Mbembe rappelait :

« La mémoire est un champ de bataille, car elle nous rappelle ce que nous aurions voulu oublier. » (Politiques de l’inimitié, 2016, p. 47).

Cette citation éclaire la démarche d’Abou Tall, dont la poésie ne cherche pas seulement à célébrer le passé, mais à l’interroger, pour qu’il serve de levier aux générations présentes et futures.

De son côté, l’historien sénégalais Iba Der Thiam insistait sur la nécessité de « réconcilier la jeunesse africaine avec son héritage historique, afin qu’elle puisse s’armer contre l’oubli et la domination culturelle » (L’Afrique dans le destin du monde, 2005, p. 132). Cette vision trouve un écho fort dans Repaire de Racines.

Imam Babacar Diop, chroniqueur et essayiste, souligne à propos de ce recueil :

« Abou Tall a su conjuguer mémoire et espérance. Sa poésie est un sanctuaire où les racines dialoguent avec les branches, rappelant que l’Afrique ne se comprend que dans la continuité de son histoire. »

Plus loin, il ajoute :

« Lire Repaire de Racines, c’est se réconcilier avec l’idée que la culture est une forme de résistance silencieuse, mais ô combien nécessaire, face aux vents de l’uniformisation. »

La richesse de cette œuvre réside également dans son ouverture aux débats contemporains. Loin d’être une nostalgie figée, elle interpelle le lecteur sur les transformations sociales, les défis du numérique et les fractures mémorielles. Comme le dit le penseur sénégalais Felwine Sarr :

« Nous devons inventer nos propres récits pour habiter le monde de manière digne et souveraine. » (Afrotopia, 2016, p. 19).

En ce sens, le recueil d’Abou Tall s’inscrit dans une dynamique de réappropriation culturelle et spirituelle. Il rend hommage aux ancêtres, éclaire le présent, et projette l’avenir.

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Imam Babacar Diop conclut avec ces mots :

« Les poètes ne changent pas directement le monde, mais ils changent la manière de le voir. Et c’est ainsi que, silencieusement, ils plantent les graines de la transformation. »

Repaire de Racines est donc bien plus qu’un livre : c’est un héritage, une flamme poétique qui éclaire le chemin de la mémoire et de l’espérance africaine.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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