République du Congo : l’abandon du projet BaCaSi de TotalEnergies ravive les inquiétudes locales

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République du Congo : l’abandon du projet BaCaSi de TotalEnergies ravive les inquiétudes locales

Lancé en 2021 avec l’ambition de créer un vaste puits de carbone sur les plateaux Batéké, le projet BaCaSi porté par TotalEnergies devait incarner une réponse africaine aux défis climatiques mondiaux. Quatre ans plus tard, le retrait du groupe pétrolier suscite incompréhension et inquiétudes parmi les communautés agricoles concernées.

Présenté comme un modèle de développement durable et de lutte contre le réchauffement climatique, le projet BaCaSi n’aura finalement pas tenu toutes ses promesses. En République du Congo, son interruption laisse derrière elle un territoire fragilisé et des populations locales dans l’incertitude.

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Une initiative emblématique des politiques climatiques

En novembre 2021, TotalEnergies lançait officiellement à Ngo, dans le département des Plateaux, le projet BaCaSi pour Batéké Carbon Sink. L’objectif affiché était ambitieux : reboiser environ 40 000 hectares de savane afin de capter durablement des émissions de dioxyde de carbone, tout en associant les communautés locales à des activités agroforestières.

Le projet s’inscrivait dans la stratégie climatique du groupe, fondée en partie sur la compensation carbone, et bénéficiait du soutien des autorités congolaises. À travers BaCaSi, la République du Congo espérait également renforcer son positionnement dans les mécanismes internationaux de lutte contre le changement climatique.

Un retrait aux conséquences locales

Quatre ans après son lancement, TotalEnergies s’est progressivement retiré du projet. Si les raisons exactes de cette décision n’ont pas été pleinement détaillées, ses effets sont déjà perceptibles sur le terrain. Dans les zones concernées, de nombreux agriculteurs redoutent aujourd’hui une perte durable de leurs moyens de subsistance.

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Des terres auparavant cultivées ont été intégrées au périmètre du projet, modifiant les usages fonciers et les équilibres économiques locaux. L’arrêt des activités fait craindre un abandon des engagements initiaux en matière d’accompagnement social, de création d’emplois et de développement rural.

Des critiques anciennes, désormais amplifiées

Dès ses débuts, le projet BaCaSi avait suscité des réserves au sein de la société civile. Des organisations locales et internationales avaient alerté sur la question du consentement des populations, la reconnaissance des droits fonciers coutumiers et la redistribution effective des bénéfices attendus.

L’interruption du projet renforce aujourd’hui ces critiques. Pour ses détracteurs, BaCaSi illustre les limites de certains projets de compensation carbone, conçus à l’échelle globale mais insuffisamment ancrés dans les réalités sociales locales. La promesse environnementale, aussi ambitieuse soit-elle, ne saurait se substituer à une gouvernance foncière claire et inclusive.

Une question plus large de modèle

Au-delà du cas congolais, l’abandon de BaCaSi relance un débat plus vaste sur les projets de puits de carbone en Afrique. Présentés comme des solutions innovantes face à l’urgence climatique, ces dispositifs soulèvent des interrogations croissantes sur leur efficacité réelle, leur transparence et leur impact social.

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Dans des contextes où les droits fonciers restent fragiles et où les populations rurales dépendent directement de la terre, l’équilibre entre impératifs climatiques et justice sociale demeure précaire.

En République du Congo, la fin du projet BaCaSi marque un tournant. Elle rappelle que la lutte contre le changement climatique ne peut se réduire à des mécanismes techniques ou financiers, au risque de fragiliser davantage les populations qu’elle prétend protéger. Pour les autorités comme pour les partenaires internationaux, le défi reste entier : concilier ambition environnementale et responsabilité sociale, sans laisser les territoires en suspens.

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Celine Dou

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