Santé maternelle en Afrique subsaharienne : l’objectif mondial de 70 décès d’ici 2030 encore hors de portée

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Santé maternelle en Afrique subsaharienne : l’objectif mondial de 70 décès d’ici 2030 encore hors de portée

La capitale sénégalaise a accueilli, les 10 et 11 février, une concertation régionale de haut niveau consacrée à la santé maternelle et infantile. Au cœur des échanges : l’écart préoccupant entre les objectifs de développement durable (ODD) fixés pour 2030 et la réalité sanitaire de l’Afrique subsaharienne.

Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 99 % des décès maternels dans le monde surviennent dans les pays en développement. L’Afrique subsaharienne concentre la charge la plus lourde avec environ 525 décès pour 100 000 naissances vivantes, auxquels s’ajoutent 27 décès néonatals pour 1 000 naissances. Ces chiffres, rappelés lors de la rencontre tenue à Dakar, illustrent l’ampleur des défis à relever.

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La communauté internationale s’est fixé pour cible de ramener la mortalité maternelle à 70 décès pour 100 000 naissances vivantes d’ici 2030. Pour l’heure, seuls le Cap-Vert, l’île Maurice et les Seychelles ont atteint ce seuil sur le continent africain. Dans le reste de l’Afrique subsaharienne, les projections demeurent préoccupantes : si les tendances actuelles se maintiennent, la région pourrait encore enregistrer environ 390 décès maternels pour 100 000 naissances à l’horizon 2030.

Les autorités sanitaires pointent plusieurs facteurs structurels : pénurie de personnel qualifié, couverture insuffisante des soins essentiels et besoins non satisfaits en planification familiale, estimés à 44 % chez les femmes en âge de procréer. Le taux d’accouchements assistés par du personnel qualifié plafonne, quant à lui, autour de 65 %, limitant les progrès attendus.

Face à cette situation, les experts réunis à Dakar plaident pour un changement d’échelle rapide. Leur priorité : l’intégration des services de santé reproductive, maternelle, néonatale, de planification familiale et de nutrition. Cette approche globale, centrée sur le couple mère-enfant, vise à optimiser l’utilisation des ressources dans un contexte économique contraint et à réduire les occasions manquées de prise en charge.

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Au-delà des chiffres, la rencontre a mis en évidence une urgence : sans accélération des investissements, du recrutement de personnel qualifié et de l’accès aux services essentiels, l’écart entre l’ambition internationale et la réalité du terrain risque de se maintenir, voire de se creuser. Pour les acteurs de santé publique, la décennie qui s’achève sera donc décisive pour transformer les engagements en résultats tangibles.

Par imam chroniqueur
Babacar Diop

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