Santé mentale au Sénégal : Tambacounda et Dakar en alerte face à la montée du suicide

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Santé mentale au Sénégal : Tambacounda et Dakar en alerte face à la montée du suicide

Chaque 10 septembre, le monde célèbre la Journée mondiale de prévention du suicide. Une occasion de réfléchir à ce fléau silencieux qui, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), provoque plus de 700 000 décès chaque année, sans compter les millions de tentatives. Le Sénégal n’échappe pas à cette triste réalité, avec une progression inquiétante des cas, notamment dans les régions de Tambacounda et Dakar.

Une réalité alarmante

« Ne vous tuez pas vous-mêmes », rappelle le Coran dans le verset 2:195, soulignant que la vie humaine est sacrée et que chaque existence a un sens. Pourtant, la société contemporaine expose de nombreux individus à des pressions financières, relationnelles et psychologiques qui peuvent les pousser vers le désespoir.

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Selon l’OMS, 73 % des suicides surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et plus de 90 % des victimes souffraient d’un trouble mental, souvent non diagnostiqué : dépression, troubles bipolaires ou schizophrénie.

Comme le prophète Mohammed (paix et salut sur lui) l’a enseigné : « Celui qui se blesse intentionnellement subira le châtiment de son acte » (Hadith rapporté par Boukhari et Mouslim), soulignant la gravité spirituelle de l’autodestruction.

Un phénomène qui touche les jeunes

Au Sénégal, les statistiques sont préoccupantes. Depuis janvier 2025, 18 suicides ont été recensés, dont 66 % de femmes. La région de Tambacounda concentre 11 cas, suivie de Kédougou, tandis que Dakar enregistre en moyenne 14,3 décès par an à l’Hôpital Aristide Le Dantec.

Les hommes meurent deux fois plus par suicide, mais les femmes font trois fois plus de tentatives, selon les experts. Ce constat reflète une souffrance silencieuse, souvent cachée derrière des apparences trompeuses. Comme le rappelle le philosophe Albert Camus : « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. » Ignorer la souffrance mentale aujourd’hui, c’est creuser le désespoir de demain.

Appel à la prise de conscience et à l’accompagnement

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Face à cette réalité, la question universelle reste : « Allez-vous vraiment bien… ou faites-vous juste semblant ? »

Le psychiatre sénégalais Dr. Moussa Sow affirme : « La prévention du suicide passe par l’écoute, la sensibilisation et la création de structures d’accompagnement accessibles à tous » (Santé mentale au Sénégal, 2023, p. 112).

De même, le savant contemporain Tariq Ramadan souligne que la société a une responsabilité collective : « Une communauté qui néglige la santé mentale de ses membres court un danger moral et social » (La santé et l’éthique, 2021, p. 87).

Personnellement, en tant qu’Imam et chroniqueur, je constate que la stigmatisation autour des troubles mentaux est un frein majeur. Trop souvent, des familles dissimulent la souffrance de leurs proches, laissant la détresse s’aggraver. Il est urgent de combiner foi, éducation et accompagnement thérapeutique pour réduire ce fléau.

Vers une société consciente et solidaire

Le message coranique et prophétique est clair : la vie est un don sacré, et la protection de cette vie est un devoir collectif. Les familles, les écoles, les administrations et les structures religieuses doivent se mobiliser pour :

Détecter tôt les signes de détresse psychologique.

Proposer des consultations psychiatriques et psychologiques accessibles.

Promouvoir l’éducation émotionnelle et la résilience dès le jeune âge.

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Comme le rappelle Ibn Qayyim Al-Jawziyyah : « La santé de l’âme précède celle du corps ; soignez l’esprit et le corps suivra » (Madarij al-Salikin, p. 201).

Au-delà des chiffres et des statistiques, chaque vie compte. Prévenir un suicide, c’est offrir un souffle d’espoir, une chance de redonner sens à l’existence.

imam chroniqueur
Babacar Diop

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