Scandale des « navires fantômes » du projet gazier GTA : premières arrestations dans une affaire à 845 milliards de francs CFA

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Par Imam chroniqueur Babacar Diop

Scandale des « navires fantômes » du projet gazier GTA : premières arrestations dans une affaire à 845 milliards de francs CFA

Le dossier explosif des « navires fantômes » liés au projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) a franchi un nouveau cap avec les premières interpellations menées par la Division des investigations criminelles (DIC). Quatre individus, dont deux ressortissants étrangers, ont été arrêtés et déférés au parquet dans une affaire aux ramifications internationales, estimée à plus de 845 milliards de francs CFA.

Des profils stratégiques dans le viseur

Parmi les personnes arrêtées figurent Cooshna Sandeep, Mauricien et directeur général de Oma Logistics Sénégal SA, Émilie Suzanne Nabou Dépina, une Française à la tête de Oma Sénégal, Joseph Barthélémy Diouf, patron de la société ETLS, ainsi que Mouhamadou Moctar Faye, conseiller juridique impliqué dans la signature d’un contrat avec le cabinet d’avocats Baker McKenzie, agissant pour le compte de McDermott Marine Construction Ltd, un acteur clé du projet GTA.

Ils sont poursuivis pour fraude fiscale, exportation sans déclaration et non-respect d’engagements douaniers. Leur sort judiciaire devrait être fixé ce jeudi.

Un contrôle douanier comme déclencheur

Tout commence en 2023, lors d’un contrôle douanier mené au siège de la société CGTS. L’objet de la vérification portait sur la déclaration d’admission temporaire du navire Amazon, propriété de McDermott Marine Construction Ltd et mobilisé pour le projet GTA. Le flou autour de ce navire mène les autorités à Oma Logistics Sénégal SA, qui aurait pris le relais dans la gestion du dossier.

Les enquêteurs découvrent alors que le navire Amazon a quitté les eaux sénégalaises sans déclaration de réexportation, une violation manifeste du Code des Douanes. Poussant plus loin les investigations, les autorités s’aperçoivent que neuf autres navires sont impliqués dans des irrégularités similaires.

Des irrégularités en cascade

Parmi les autres navires incriminés : North Purpose, DLV2000, Lay Vessel 108 et Maersk Inventor. Six d’entre eux ont bien opéré dans les eaux sénégalaises entre 2022 et 2023 mais les ont quittées sans les formalités réglementaires. Quant aux quatre autres, ils ont bénéficié d’une admission temporaire exceptionnelle sans jamais accoster au Sénégal.

La Douane a alors saisi l’état-major de la Marine nationale, qui a confirmé les nombreuses irrégularités entourant ces navires. L’affaire prend désormais une dimension judiciaire et diplomatique, en raison de l’implication d’acteurs internationaux.

Un pillage logistique organisé ?

Derrière cette opération logistique opaque se dessine ce que plusieurs observateurs n’hésitent pas à qualifier de « pillage organisé ». Le projet GTA, censé porter les ambitions énergétiques du Sénégal, se trouve au cœur d’un scandale économique majeur, révélant les fragilités des contrôles portuaires et douaniers dans un secteur stratégique.

Selon le juriste fiscaliste français Frédéric Douet, « toute politique de souveraineté économique passe par un contrôle strict de l’extraterritorialité logistique dans les projets d’infrastructures énergétiques » (Droit fiscal international, LGDJ, 2020, p. 214).

Une affaire à suivre de près

L’arrestation des premiers suspects marque peut-être le début d’une vaste opération de nettoyage dans les chaînes logistiques du projet GTA. Reste à savoir jusqu’où les poursuites iront et si d’autres têtes tomberont dans ce qui s’annonce comme l’un des plus grands scandales économiques de l’ère post-pétrole au Sénégal.

imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

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