Sénégal – Birame Souleye Diop : « L’environnement au cœur de la renégociation des contrats pétroliers »
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Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a réaffirmé l’importance de l’environnement dans le cadre de la renégociation des contrats gaziers et pétroliers. Lors de l’ouverture officielle de l’atelier national sur l’évaluation environnementale stratégique du secteur pétro-gazier et de la présentation de l’Atlas de l’environnement marin et côtier du Sénégal, il a déclaré que cette démarche s’inscrivait dans une vision gouvernementale fondée sur la durabilité, la justice climatique et la souveraineté énergétique.
Cette approche s’aligne parfaitement avec les orientations politiques du président Bassirou Diomaye Faye, qui a récemment insisté sur la « refondation écologique » dans son discours d’ouverture du Conseil présidentiel sur l’énergie, tenu début avril à Diamniadio. Il y a souligné que le développement énergétique ne pouvait plus être envisagé en dehors d’une protection stricte de l’environnement, notamment dans des zones sensibles comme Saint-Louis Offshore ou les mangroves de Casamance.
Birame Souleye Diop, en collaboration avec le ministère de l’Environnement dirigé par Daouda Ngom, a précisé que plusieurs réformes sont en cours pour renforcer l’encadrement des activités extractives. Il a mentionné :
La révision du Code pétrolier pour mieux intégrer les enjeux climatiques et sociaux ;
L’élaboration d’un nouveau Code de l’environnement avec un accent sur les risques marins et côtiers ;
Le renforcement du rôle des collectivités territoriales dans le suivi et la surveillance des projets pétroliers ;
Et l’intégration systématique de clauses écologiques et sociales dans tous les nouveaux contrats signés avec les multinationales.
Dans la même dynamique, l’État sénégalais a amorcé en mars 2025 un partenariat technique avec le PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement) pour la mise en œuvre d’un système national de suivi environnemental en temps réel basé sur l’imagerie satellite et l’intelligence artificielle.
Le ministre a également salué la publication récente du rapport d’impact de l’exploitation du champ de Sangomar, soulignant que certaines recommandations — comme la protection renforcée de la biodiversité marine — seront intégrées dans les futures négociations avec les opérateurs pétroliers, notamment Woodside Energy.
Les organisations de la société civile, représentées par Awa Gaye, coordinatrice du Réseau environnement et action citoyenne (REAC), ont salué cette volonté politique mais ont demandé à ce qu’elle soit suivie d’actions concrètes sur le terrain. « Il faut aller au-delà des textes et garantir des mécanismes de plainte accessibles aux communautés locales affectées », a-t-elle déclaré.
Ce virage écologique marque une rupture avec les approches précédentes et constitue une opportunité stratégique pour le Sénégal de devenir une référence en matière d’exploitation responsable des ressources naturelles, dans un contexte où l’Afrique de l’Ouest est de plus en plus scrutée par les bailleurs et les institutions internationales sur les questions de gouvernance environnementale.
Imam chroniqueur Babacar Diop













