Sénégal : Former les futurs professionnels pour mieux protéger les victimes de violences sexuelles et sexistes
Votre Pub ici !

Changer les regards, transformer les pratiques et renforcer la prévention : tel est le défi que s’est lancé le Réseau des féministes du Sénégal (RFS) avec le soutien de l’African Women’s Development Fund (AWDF). Le vendredi 6 février 2026, des étudiants en médecine, psychologie et journalisme se sont réunis à Dakar pour un atelier inédit de renforcement de capacités, au cœur d’une problématique préoccupante au Sénégal.
Selon le Dr Khady Ndao Babou, médecin spécialiste en santé publique et coordinatrice du RFS, « trop souvent, les survivantes de violences sexuelles et sexistes sont mal accueillies ou mal comprises. Il est urgent de changer le narratif et de former dès le départ les futurs professionnels à l’écoute, à l’empathie et à la prise en charge adaptée ».
À lire aussi : Australie : Manifestations prévues malgré la protection exceptionnelle accordée à Herzog
Un besoin urgent de formation
Le choix de travailler avec les étudiants n’est pas anodin. Dans le cursus médical classique, les violences sexuelles et sexistes ne sont abordées que très tard, alors que les professionnels y sont confrontés dès leurs premières années de pratique. « L’objectif est de donner aux participants une lecture plus complète et empathique des violences afin d’accompagner les victimes sans jugement et d’agir en prévention », explique Dr Babou.
Un enjeu national
Selon les statistiques du ministère de la Santé et de l’Action sociale, plus de 20 % des femmes au Sénégal ont été victimes de violences sexuelles au cours de leur vie, et le phénomène reste largement sous-déclaré. Les associations de défense des droits des femmes dénoncent régulièrement des lacunes dans la prise en charge et l’accompagnement des survivantes, surtout dans les zones rurales.
Impliquer les médias et la société civile
En associant des étudiants en journalisme, le RFS entend également sensibiliser l’opinion publique. « Les médias jouent un rôle crucial dans la transformation des perceptions. Une information responsable peut contribuer à réduire la stigmatisation et à encourager les victimes à se faire entendre », souligne Hadja Diaw Gaye, journaliste et partenaire du projet.
À lire aussi : Libye : Arrestation d’une employée de maison nigériane pour vol à Benghazi
Perspectives et impact
Au-delà de la formation, le projet ambitionne de créer un réseau national de professionnels sensibilisés aux violences sexuelles et sexistes, capables d’intervenir efficacement dans les hôpitaux, les cabinets psychologiques et les médias. L’initiative devrait également inspirer d’autres programmes universitaires à intégrer ces thématiques dès les premières années d’études.
Avec ce type d’initiatives, le Sénégal se donne les moyens d’agir concrètement pour protéger les victimes et transformer les mentalités, en faisant de la formation des professionnels un levier essentiel dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













