Sénégal – Mauritanie : Première exportation de GNL – Une avancée stratégique pour l’Afrique de l’Ouest
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Le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé à la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie, a franchi une étape historique avec le chargement de la toute première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL). Ce moment marque le début officiel des exportations de GNL pour les deux nations, désormais inscrites parmi les pays producteurs et exportateurs de gaz naturel.
Cette réalisation intervient dans un contexte de demande mondiale croissante en énergies de transition, en particulier en Europe, à la recherche d’alternatives au gaz russe. Le GNL extrait du projet GTA représente ainsi une opportunité stratégique pour l’Afrique de l’Ouest de s’imposer comme un acteur clé dans l’approvisionnement énergétique international.
Un projet phare aux dimensions régionales et internationales
Le projet GTA, mené par British Petroleum (BP) en partenariat avec Kosmos Energy, Petrosen (Sénégal) et SMH (Mauritanie), est l’un des plus importants projets énergétiques offshore en Afrique. Le gaz est extrait à plus de 2 850 mètres de profondeur puis liquéfié sur une plateforme flottante (FLNG) située à environ 10 km des côtes atlantiques.
Les installations, éloignées de 120 km en mer, ont été conçues pour résister aux conditions extrêmes de l’océan Atlantique, illustrant les capacités technologiques et logistiques de pointe mobilisées pour ce projet.
Impacts économiques et sociaux directs
La phase 1 du projet devrait générer jusqu’à 2,4 millions de tonnes de GNL par an, avec une partie réservée aux besoins domestiques. Cela permettra aux deux pays de réduire leur dépendance énergétique tout en garantissant un accès accru à l’électricité pour les populations locales.
Par ailleurs, les premières cargaisons sont déjà en voie de livraison vers des marchés en Europe, Asie et Amérique latine, avec des contrats à long terme en cours de négociation.
Retombées locales et perspectives d’emploi
Les autorités sénégalaises et mauritaniennes ont insisté sur l’intégration locale au projet, notamment à travers des programmes de formation technique, de transfert de compétences et de création d’emplois directs et indirects. Plusieurs jeunes ingénieurs, techniciens et cadres locaux participent déjà aux opérations, grâce à des partenariats avec des universités et instituts techniques de la région.
Une dynamique régionale renforcée
Le lancement du GTA s’ajoute à d’autres projets structurants récemment initiés, comme le développement du champ Sangomar au Sénégal et les travaux d’interconnexion électrique OMVG. Ensemble, ces projets illustrent une ambition partagée d’indépendance énergétique et de développement durable.
Le GTA est aussi un modèle de coopération transfrontalière réussi, dans un contexte où les ressources naturelles sont souvent sources de tensions. Les deux États ont mis en place un cadre juridique commun pour la gestion des ressources, salué par plusieurs institutions internationales comme un exemple de gouvernance énergétique en Afrique.
Vers les prochaines phases
Le succès de cette première exportation ouvre la voie au lancement de la phase 2 du projet, actuellement à l’étude, qui devrait permettre de doubler la capacité de production d’ici 2027. Des discussions sont également en cours pour le développement d’infrastructures gazières à terre, notamment des terminaux de regazéification et des unités de valorisation pour les industries locales.
Iman chroniqueur Babacar Diop

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