Sénégal : Quand l’indifférence menace notre humanité

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Sénégal : Quand l’indifférence menace notre humanité

Le Sénégal traverse-t-il une crise des valeurs ? L’affaire Nogaye Thiam, cette jeune femme retrouvée morte dans sa chambre après deux jours, son bébé à ses côtés, rappelle avec brutalité que cette question n’est pas abstraite : elle se traduit par des drames humains concrets. Depuis le 20 novembre, ce fait divers secoue la société et les réseaux sociaux, offrant un miroir cruel de nos dérèglements collectifs.

Une modernité qui débranche l’essentiel

Comme le souligne Salla Guèye : « On a tellement modernisé nos vies qu’on a débranché l’essentiel : l’attention, la solidarité, la simple humanité. » Dans cette société où chacun court après ses obligations, ses écrans et ses ambitions personnelles, le lien humain se fragilise.

Cette observation rejoint les analyses du sociologue Émile Durkheim :

« À mesure que la société se complexifie, la solidarité fondée sur la similitude des individus cède la place à une solidarité fondée sur l’interdépendance des fonctions. » (studocu.com)

Ainsi, la modernité, tout en nous connectant technologiquement, nous éloigne paradoxalement de l’essentiel : l’attention à l’autre, le soin porté à nos proches, la vigilance envers ceux qui traversent des moments difficiles.

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L’individualisme, une prison silencieuse

Pour le psychologue humaniste Erich Fromm, cette déshumanisation va au-delà de la simple indifférence :

« Le danger … est que les hommes deviennent des robots. » (britannica.com)

L’isolement et l’angoisse engendrés par un individualisme extrême peuvent rendre l’homme incapable de percevoir la souffrance d’autrui. Fromm insiste :

« Il n’existe qu’une seule solution productive possible : la solidarité active de l’homme envers tous les hommes … l’amour et le travail, qui le reconnectent au monde. » (themarginalian.org)

Autrement dit, la solution réside dans une solidarité active, dans le soin à l’autre, dans des gestes simples mais vitaux.

La société, reflet de nos comportements

L’affaire Nogaye Thiam n’est pas un incident isolé. Elle illustre ce que Robert D. Putnam, sociologue politique, appelle le « capital social » :

« Le capital social se réfère aux caractéristiques de l’organisation sociale telles que les réseaux, les normes et la confiance sociale, qui facilitent la coordination et la coopération pour un bénéfice mutuel. » (ikesharpless.pbworks.com)

Lorsque ce capital social s’érode, les individus se replient sur eux-mêmes et les foyers, censés être des refuges, se transforment en lieux d’indifférence ou de conflit. On s’indigne, on commente, on partage… mais la véritable question demeure : que faisons-nous pour que cela n’arrive pas ?

Retrouver l’attention et la solidarité

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Le Sénégal n’a pas besoin de pyromanes émus par l’incendie ; il a besoin de citoyens attentifs, capables de tendre la main, de vérifier le bien-être de leur entourage et de reconstruire ce tissu social fragile.

La modernité ne doit pas déshumaniser. L’avenir de notre société dépend de notre capacité à réinvestir les gestes simples de solidarité et de vigilance. Chaque vie compte, chaque attention est une réparation, chaque acte d’humanité est un rempart contre l’indifférence.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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