Sénégal : s’inspirer de la France pour booster la recherche et l’innovation

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Sénégal : s’inspirer de la France pour booster la recherche et l’innovation

Des dispositifs fiscaux français comme levier de compétitivité


Pour soutenir la recherche et maintenir une industrie dynamique sur son territoire, la France a mis en place des mesures fiscales incitatives dont deux se distinguent particulièrement : le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) et le Crédit d’Impôt Innovation (CII).
Le CII, destiné aux PME, permet de bénéficier d’un crédit fiscal allant de 20 % à 35 % des dépenses liées à la conception de prototypes ou d’installations pilotes pour de nouveaux produits. Le CIR, créé en 1983, s’adresse à toutes les entreprises — industrielles, commerciales ou agricoles — et encourage les investissements en recherche et développement (R&D).

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Lors d’une audition au Sénat français en janvier 2024, Olivier Andrès, directeur général de Safran — leader mondial dans l’aéronautique, l’espace et la défense — a rappelé :
« Le CIR permet de maintenir en France une activité de recherche compétitive. Sans ce dispositif, nous perdrions notre avantage en matière de R&D. »
Grâce à ces mesures, les entreprises peuvent réduire leur impôt sur les bénéfices, ce qui constitue un levier puissant pour stimuler l’innovation et renforcer la compétitivité nationale (Cf. bpifrance-creation.fr).


La France, un modèle de performance en R&D


La stratégie française repose sur la conviction que la recherche et l’innovation sont les moteurs essentiels de la croissance économique. En 2022, la France consacrait 2,22 % de son PIB à la R&D, un chiffre légèrement inférieur à l’objectif européen de 3 %, mais supérieur à la moyenne des pays de l’UE27 (2,11 %) et positionnant le pays au 6ᵉ rang mondial en volume de dépenses intérieures de R&D (DIRD).
Pour comparaison, les dépenses en R&D (% du PIB) de quelques pays en 2022 :
Corée du Sud : 5,21 %
États-Unis : 3,59 %
Japon : 3,41 %
Allemagne : 3,13 %
Royaume-Uni : 2,90 %
France : 2,22 %
Canada : 1,71 %
Italie : 1,32 %
Espagne : 1,44 %
Ces chiffres montrent l’efficacité des dispositifs incitatifs et expliquent pourquoi la France reste un acteur clé de la R&D en Europe.

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Le Sénégal face au défi de l’innovation


Au Sénégal, la recherche et le développement sont en pleine structuration. Le pays a lancé en 2023 le Plan stratégique national de la recherche et de l’innovation (PSNRI 2023-2032), avec pour ambition de :
Structurer la recherche scientifique et l’innovation
Renforcer le capital humain et valoriser la formation
Encourager la diaspora sénégalaise à investir ses compétences dans le pays
Faire du Sénégal un hub de recherche et innovation en Afrique
Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation :
« Le PSNRI vise à ériger la recherche et l’innovation en catalyseurs du développement durable, de l’industrialisation et de l’entrepreneuriat pour un Sénégal émergent à l’horizon 2035. »
Le Sénégal affiche des priorités claires pour sa R&D : agriculture intelligente, santé publique (paludisme, maladies infectieuses), énergie renouvelable et préservation de l’environnement. Ces axes reflètent une volonté d’aligner innovation scientifique et besoins socio-économiques du pays.
L’urgence d’un soutien accru de l’État et du secteur privé
Pour que le PSNRI atteigne ses objectifs, un soutien actif de l’État est indispensable. Plusieurs leviers peuvent être envisagés :
Avantages fiscaux inspirés du modèle français : Un dispositif similaire au CIR ou au CII pourrait encourager les entreprises locales à investir davantage dans l’innovation.

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Financement ciblé des structures de recherche : Universités, laboratoires et start-ups innovantes doivent bénéficier de fonds dédiés pour leurs projets.
Accompagnement de la jeunesse entreprenante : Les jeunes sénégalais sont déjà très actifs dans l’innovation et l’entrepreneuriat ; un soutien concret (subventions, formations, mentorat) renforcerait cet élan.
Valorisation de la diaspora scientifique et technologique : Les talents sénégalais à l’étranger peuvent contribuer à transférer savoir-faire et technologies vers le pays.
Investir dans la recherche et l’innovation n’est plus une option : c’est une nécessité stratégique pour la compétitivité du Sénégal sur le continent africain et à l’échelle mondiale.
Opportunités et perspectives
Adopter des mesures fiscales incitatives et renforcer les financements pour la R&D pourrait :
Accroître la création de start-ups technologiques et de nouvelles industries locales
Stimuler la croissance économique durable
Réduire la dépendance technologique à l’étranger

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Favoriser l’emploi hautement qualifié, notamment pour les jeunes diplômés
En s’inspirant de la France et d’autres pays ayant réussi à relier fiscalité et innovation, le Sénégal peut transformer la recherche en moteur concret de développement économique, tout en répondant aux défis sociaux et environnementaux du XXIᵉ siècle.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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