Sénégal : Une centaine d’arrestations pour homosexualité en trois mois, entre droit et controverse sociale

Votre Pub ici !

Partager cet article
Sénégal : Une centaine d’arrestations pour homosexualité en trois mois, entre droit et controverse sociale

Le Sénégal est confronté depuis quelques mois à une série d’arrestations ciblant les personnes homosexuelles. Selon le journaliste judiciaire Pape Ndiaye, plus d’une centaine d’individus ont été interpellés entre novembre 2025 et janvier 2026 dans plusieurs localités, dont Sicap Mbao, Rufisque, Diourbel, Keur Massar, Thiès et Almadies 2. Ces chiffres, précise le journaliste, concernent uniquement les cas médiatisés, laissant entendre que le phénomène pourrait être plus étendu.

Une situation sous haute tension sociale et juridique

À lire aussi : Drame à l’UCAD : l’étudiant Abdoulaye Ba succombe à ses blessures, l’émotion et l’indignation grandissent

L’homosexualité est toujours criminalisée au Sénégal, conformément à l’article 319 du Code pénal, qui prévoit des peines d’emprisonnement pour les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Cette législation, héritée de l’époque coloniale, alimente régulièrement des débats dans la société sénégalaise. Selon le juriste sénégalais Abdoulaye Sène, professeur de droit à l’Université Cheikh Anta Diop, « ces arrestations, bien que légales sur le plan strictement pénal, posent la question des droits fondamentaux et de la dignité humaine. Elles montrent le décalage entre la loi et la protection des minorités dans un contexte social où la tolérance reste faible » (Sène, Droit et société au Sénégal, Dakar, 2023, p. 142).

Répercussions et climat de peur

Au-delà de la question juridique, ces interpellations ont des impacts sociaux importants. Plusieurs associations locales de défense des droits humains, comme Stop Homophobie Sénégal, alertent sur le climat de peur qui se développe au sein des communautés LGBT+. Selon Mariama Diop, activiste pour les droits des minorités sexuelles, « les arrestations fréquentes créent un environnement où les individus doivent se cacher, ce qui fragilise leur santé mentale et leur intégration sociale » (Rapport annuel sur les droits LGBT au Sénégal, 2025, p. 18).

Une médiatisation qui alimente le débat

À lire aussi : Guerre au Soudan : l’essor des drones de combat aggrave la tragédie des civils

Ces arrestations sont souvent relayées par les médias, ce qui contribue à la stigmatisation. Le sociologue et chercheur en sciences sociales, Cheikh Ba, note que « la médiatisation de ces interpellations a un double effet : elle informe l’opinion publique, mais elle renforce aussi les préjugés et le rejet des minorités sexuelles dans la société » (Ba, Sociologie des minorités et stigmatisation, Paris, 2022, p. 87).

Vers un débat national sur les droits et libertés individuelles

Le phénomène met en lumière le besoin de discussions autour des droits humains et de la protection des minorités au Sénégal. Des voix s’élèvent pour demander un équilibre entre respect de la loi et protection des droits fondamentaux. Selon Khaled Abou El Fadl, juriste international et spécialiste des droits humains, « l’État doit trouver des mécanismes qui garantissent la sécurité et la dignité de tous ses citoyens, sans exception, même dans des contextes culturellement conservateurs » (Abou El Fadl, The Great Theft: Wrestling Islam from the Extremists, 2005, p. 212).

À lire aussi : Ebo Taylor : l’icône ghanéenne du highlife s’éteint à 90 ans

Alors que le débat continue au niveau national et international, ces arrestations rappellent la complexité de la question LGBT+ au Sénégal, entre législation stricte, normes sociales conservatrices et exigences des droits humains universels.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci