Serigne Fallou Mbacké : L’Héritier Lumineux de Cheikh Ahmadou Bamba

Votre Pub ici !

Partager cet article
Serigne Fallou Mbacké : L’Héritier Lumineux de Cheikh Ahmadou Bamba

Né en 1888 à Darou Salam, dans le silence sacré de la vingt-septième nuit du mois de Rajab, Cheikh Mouhammadou Fadilou Mbacké, plus connu sous le nom de Serigne Fallou, n’a pas simplement vu le jour : il a été envoyé. Envoyé comme un souffle de lumière pour rappeler la Présence divine au cœur de la communauté mouride.

À lire aussi : L’ARCHITECTE DES INSTANTS : Quand s’effondrer devient une renaissance


Dès son enfance, Serigne Fallou se distingue par une ferveur exceptionnelle. Le Coran et les sciences religieuses s’ouvrent à lui naturellement, comme à un esprit déjà tourné vers Dieu. Son apprentissage se déroule auprès des plus grands maîtres de l’époque — Serigne Ndame Abdourahmane Lô, Serigne Mame Mor Diarra, Serigne Mame Thierno Birahim, et surtout son père, Cheikh Ahmadou Bamba, lors des nuits de Khomack en Mauritanie. Là, l’exil devient retraite spirituelle, et naît la relation fondatrice entre le Cheikh et son talibé. Car Serigne Fallou ne se considère jamais comme le simple fils du fondateur ; il est avant tout son disciple, son prolongement.
Dans un poème vibrant de soumission mystique, il écrit :
« Je te vends mon rang de fils, pour acquérir la gloire d’être ton disciple. »
Cette gloire, il la transforme en adiya, un don pieux pour son maître, effaçant son ego pour magnifier le message de Cheikh Ahmadou Bamba.

À lire aussi : 17 janvier 1961 : Patrice Lumumba, une voix africaine réduite au silence


Son engagement pour la construction de la Grande Mosquée de Touba est monumental. De la découverte providentielle de la carrière de Ndock jusqu’à l’inauguration en 1963, Serigne Fallou met tout son cœur et son énergie au service du ndigël — l’ordre spirituel de Cheikh Ahmadou Bamba — qu’il considère comme une loi divine. Dès 1928, il accomplit le pèlerinage à La Mecque, réalisant ainsi le vœu non accompli de son père.
À partir de 1945, en tant que Khalife général des mourides, Serigne Fallou révèle toute la dimension mystique de sa personne. La peste recule, la famine s’éloigne, les pluies reviennent, et le pays respire sous son magistère. Le surnom qui lui est donné, « Na am mu am, du am du am », n’est pas une flatterie, mais un constat : lorsque Serigne Fallou prie ou ordonne, les éléments semblent obéir.
Son rapport aux créatures témoigne de cette pureté : un jour, un cheval rétif pleure de repentir après qu’il lui ait adressé la parole, comme à un talibé. Derrière cette aura surnaturelle, Serigne Fallou reste un homme proche du peuple : généreux, tendre, protecteur, capable de sauver de l’injustice et de détendre les cœurs par son rire chaleureux.

À lire aussi : École militaire de santé de Dakar : près de 1 200 praticiens formés au service des armées en près de six décennies


Il ne fut pas seulement un guide spirituel, mais aussi un bâtisseur concret : bitumage, lotissements, électrification, forages, daaras et œuvres sociales. Chaque projet servait à construire non seulement la ville, mais les âmes de ceux qui la peuplaient.
Son départ en 1968 n’est pas perçu comme une perte, mais comme un passage vers le divin. Sa vie entière demeure un témoignage de lumière, de fidélité et d’amour pour la Voie de Cheikhoul Khadim. Des milliers de fidèles continuent de réciter son nom, non pour le glorifier, mais pour affirmer leur fidélité au talibé par excellence.
Serigne Fallou Mbacké demeure, au-delà du temps et des générations, une étoile dans la constellation des saints sénégalais, un guide pour les cœurs, et un exemple d’abnégation, de dévotion et de service.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci