Soudan : El Fasher tombe, les civils massacrés dans le silence
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Par Gil-christ DJOSSOU
La ville d’El Fasher, dernier bastion encore tenu par les forces loyalistes dans la région du Darfour, est tombée aux mains des Forces de réaction rapide (RSF) après dix-huit mois de siège. La prise de cette ville stratégique s’est accompagnée d’un massacre d’une ampleur rarement documentée depuis le début du conflit au Soudan.
Selon des témoignages recoupés par l’ONG Human Rights Watch et des vidéos authentifiées par des sources indépendantes, au moins 450 femmes et enfants ont été exécutés par les RSF au cours du week-end dernier. Les chiffres globaux font état de plus de 7 000 civils tués lors de l’assaut final contre El Fasher. Des fosses communes ont été découvertes dans plusieurs quartiers de la ville, notamment à Zamzam et Al-Thawra, où les combats ont été les plus violents.
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Les survivants parlent de scènes d’horreur. Des familles entières massacrées, des hôpitaux pris pour cible, des blessés achevés sur leur lit. Des femmes violées, des enfants abattus, des maisons incendiées. Les RSF, déjà accusées de crimes contre l’humanité dans d’autres régions du Darfour, auraient agi avec une brutalité extrême, sans distinction entre civils et combattants.
La communauté internationale, jusqu’ici silencieuse, commence timidement à réagir. Quelques condamnations ont été émises par des chancelleries occidentales, mais aucune mesure concrète n’a été annoncée. L’Union africaine, de son côté, appelle à une enquête indépendante, tandis que les Nations unies évoquent un possible nettoyage ethnique.
El Fasher, ville de plus de 300 000 habitants avant le conflit, est aujourd’hui en ruines. Des milliers de déplacés tentent de fuir vers le Tchad voisin, mais les routes sont contrôlées par des milices armées. Les organisations humanitaires peinent à accéder à la zone, en raison de l’insécurité persistante et du blocage des couloirs humanitaires.
Ce nouveau drame relance le débat sur l’inaction de la communauté internationale face aux violences au Soudan. Depuis le début de la guerre entre l’armée régulière et les RSF en avril 2023, les civils paient le prix fort. Les accords de cessez-le-feu successifs n’ont jamais été respectés, et les appels à la paix restent lettre morte.
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Le silence autour du Darfour devient insupportable. Alors que les caméras du monde sont braquées ailleurs, un peuple est en train d’être décimé dans l’indifférence générale. Les prochaines semaines seront cruciales pour savoir si la justice internationale saura se saisir de ce dossier ou si, une fois de plus, les crimes resteront impunis.
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