Soudan en détresse : les femmes, premières victimes silencieuses de la faim
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Un signal rouge traverse la scène humanitaire internationale. ONU Femmes avertit que, dans le chaos qui ravage le Soudan, être une femme suffit désormais à prédire le risque de faim aiguë. Une réalité brutale qui transforme la survie quotidienne en un combat inégal.
Lors d’un point de presse à Genève, Anna Mutavati, directrice régionale d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Est et australe, a dressé un tableau sombre de la situation. « Depuis plus de deux années consécutives, chaque ligne de front au Soudan a ravagé les corps, les foyers, les moyens de subsistance et l’avenir des femmes et des filles », a-t-elle déclaré, citée par l’agence Anadolu.
Selon les dernières estimations, environ 11 millions de femmes et de filles souffrent actuellement d’insécurité alimentaire aiguë. Pour Mutavati, la conclusion est glaçante : « Être une femme au Soudan est un facteur prédictif important de la faim ».
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Les zones d’El Fasher et du Darfour, frappées par une intensification des combats, sont les épicentres de cette détresse. Famine imminente, déplacements massifs, pertes humaines, violences sexuelles et sexistes… Les femmes y avancent comme à travers un couloir asséché où chaque jour dérobe un peu plus de dignité et de sécurité.
Une alerte officielle à la famine a déjà été déclarée à El Fasher et Kadugli. Plus de 73,7 % des femmes soudanaises n’ont même pas accès à une diversité alimentaire minimale, un indicateur révélateur d’un risque sévère de malnutrition.
Face à cette crise qui gangrène les foyers et pulvérise les structures sociales, ONU Femmes propose un ensemble de mesures urgentes. Mutavati insiste sur trois priorités :
- un cessez-le-feu immédiat,
- la mise en place de couloirs sécurisés pour les civils,
- une aide humanitaire qui place les femmes au centre, notamment les ménages dirigés par des femmes.
Elle appelle également les parties en conflit à respecter le droit international humanitaire et les donateurs à renforcer leur soutien aux organisations féminines locales, véritables poumons de survie dans les communautés.
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Au Soudan, la faim n’est plus seulement une tragédie humanitaire. Elle est devenue un révélateur violent des inégalités de genre, transformant le quotidien des femmes en un terrain de survie impitoyable où chaque repas relève de l’exploit.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













