« Sous son regard, je vis » Quand un livre murmure l’universel amour maternel
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Il est des publications discrètes, loin des projecteurs médiatiques, qui parviennent à toucher au plus intime de l’humain. « Sous son regard, je vis », ouvrage de l’autrice Noah Ebanga Alexandra Marie Sharon, appartient à cette catégorie rare. À la croisée du récit personnel et du témoignage collectif, ce livre rend hommage à une figure omniprésente et pourtant trop souvent reléguée à la périphérie des grandes narrations : la mère.

Dès les premières lignes, le lecteur est saisi par la simplicité et la densité émotionnelle d’un aveu : ce livre est né d’un regard. Non pas un regard idéalisé, mais un regard réel, humain, traversé par la fatigue, la tendresse, la peur et l’espérance. Le regard d’une mère, en l’occurrence celui de la mère de l’autrice, devient ici le fil conducteur d’une méditation universelle sur la transmission, l’amour silencieux et le pouvoir inouï de la présence.
Dans un monde saturé d’images, de vitesse et de bruits, Noah Ebanga choisit l’épure. Elle s’interroge : comment raconter l’invisible ? Elle y répond par une prose épurée, presque nue, qui cherche moins à expliquer qu’à faire ressentir. Car ce livre n’est pas un simple hommage personnel : il se veut une adresse collective, une lettre ouverte à toutes les mères et à tous les enfants, présents ou absents.
« Sous son regard, je vis » s’inscrit dans une longue tradition littéraire de l’écriture filiale, mais en détourne les codes attendus. L’autrice ne cherche pas à idéaliser sa mère ni à construire une légende familiale. Elle propose au contraire une mémoire poreuse, partagée, où chacun peut reconnaître un fragment de sa propre histoire. Il y a dans ce texte une volonté manifeste de restaurer, à travers des gestes ordinaires un repas réchauffé, une main sur le front, un conseil répété une forme d’héroïsme du quotidien souvent éclipsée.
Ce geste littéraire revêt une portée politique au sens noble du terme : il s’agit de redonner voix et dignité à celles qui, dans l’ombre, portent la société. Dans un contexte global où les figures maternelles, notamment en Afrique et dans les diasporas, continuent de jouer un rôle fondamental sans reconnaissance institutionnelle équivalente, ce livre fait œuvre de justice.
La force de ce témoignage est aussi de ne pas se limiter à un cadre géographique, culturel ou identitaire restreint. En évoquant sa propre mère, l’autrice parle à celles qui s’éteignent dans le silence d’un appartement, à celles qu’on oublie trop vite, à celles qu’on n’a jamais connues. Ce regard maternel devient alors un archétype : celui de toute présence aimante, gratuite, fidèle.
La démarche de Noah Ebanga est aussi résolument littéraire. Loin de céder à la tentation du pathos, elle choisit la sobriété, l’évocation, le rythme d’un souffle. Écrire avec le cœur, poser des mots là où il n’y en a souvent pas : telle est l’ambition de ce livre. Et cette ambition est tenue. Dans une époque marquée par l’individualisme et la fragmentation du lien social, _Sous son regard, je vis » fait le pari de la communion par la mémoire sensible.
L’ouvrage s’adresse à plusieurs lectorats : à ceux qui ont encore leur mère, pour leur rappeler d’aimer maintenant ; à ceux qui l’ont perdue, pour partager une mémoire apaisante ; à ceux qui n’ont pas connu ce regard, pour offrir l’espoir de le croiser ailleurs, dans une main tendue ou une parole douce.
À l’heure où le monde littéraire cherche de nouvelles voix, plus enracinées, plus incarnées, la voix de Noah Ebanga mérite d’être entendue. Parce qu’elle ne crie pas. Parce qu’elle murmure l’essentiel. Parce qu’elle ose rappeler, avec pudeur et sincérité, que sous un regard aimant, on apprend à vivre. Et à aimer.
Titre du livre : « Sous son regard, je vis »
Autrice : Noah Ebanga Alexandra Marie Sharon













