Suisse : polémique autour d’une caricature de Charlie Hebdo sur l’incendie de Crans-Montana
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La publication d’une caricature par l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, le 9 janvier, relative à l’incendie meurtrier du bar Le Constellation à Crans-Montana, a déclenché une vive controverse en Suisse. Alors qu’une plainte pénale a été déposée auprès du ministère public valaisan, les réactions oscillent entre indignation des victimes et défense inconditionnelle de la liberté d’expression.
Le dessin, diffusé en pleine période de deuil national après le drame de la Saint-Sylvestre qui a fait 40 morts et 116 blessés, a provoqué un tollé immédiat.
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Une victime a exprimé son profond désarroi via une vidéo sur Instagram, qualifiant la publication d’« affligeante » et de « pathétique ». Selon ce survivant, repris par l’agence Anadolu, l’humour peut être un exutoire, mais le timing choisi est inapproprié alors que les familles sont encore en phase de deuil. « Il y avait moyen de faire de l’humour tout en dénonçant les absurdités qui ont mené à cette catastrophe, mais là, c’est juste affligeant », a-t-il déploré, estimant que la caricature porte atteinte à la dignité des personnes touchées.
Malgré l’indignation, certains défendent la publication au nom de la liberté de la satire. Étienne Gernelle, directeur de la rédaction du magazine Le Point, a rappelé sur RTL que « la liberté d’expression, y compris l’ironie et l’humour noir, est consubstantielle à ce que nous sommes ». Il a mis en garde contre une volonté de plus en plus forte de restreindre cette liberté, évoquant un risque de « retour à la case départ » par rapport à l’élan de solidarité observé en 2015.
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Pour lui, le débat sur le goût ou le mauvais goût ne doit pas se traduire par des sanctions judiciaires : « Le droit de choquer reste un pilier de la tradition satirique française ».
Cette controverse relance une question délicate : jusqu’où la liberté d’expression peut-elle s’exercer sans heurter la sensibilité des victimes et du public ?
Imam chroniqueur
Babacar Diop













