Surcharge des minibus interurbains : quand les “Cheikhou Cherifou” deviennent des pièges roulants
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Les accidents de la route continuent de semer l’émoi au Sénégal. Le dernier drame survenu à Farafény a ravivé un débat aussi ancien que préoccupant : la surcharge chronique des minibus interurbains de type Toyota, communément appelés « Cheikhou Cherifou ». Conçus pour transporter 14 passagers, ces véhicules roulent pourtant bien souvent avec 19, voire 20 personnes à bord, au mépris des règles de sécurité les plus élémentaires.
Des véhicules homologués… mais détournés de leur usage
Selon Gora Khouma, secrétaire général du Syndicat des transporteurs du Sénégal, la situation est sans équivoque. « Le nombre de places est clairement mentionné sur la carte grise et la licence. Si un véhicule de 14 places transporte 19 ou 20 passagers, il s’agit d’une surcharge manifeste », explique-t-il.
Pour lui, la responsabilité ne saurait être uniquement imputée aux chauffeurs ou aux transporteurs. L’État, à travers ses services de contrôle et les forces de défense et de sécurité, a également un rôle central à jouer dans l’application stricte de la réglementation.
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La mécanique en cause, mais surtout le facteur humain
Du côté des professionnels du transport, Moussa Ndiaye apporte une nuance importante. S’il reconnaît que certains moteurs, initialement destinés à des ambulances ou à des véhicules de livraison, sont parfois installés sur ces minibus, il estime que la puissance mécanique n’explique pas tout.
« Peu importe la vitesse ou la puissance du moteur, le facteur humain reste la principale cause des accidents. Ce ne sont ni les routes ni les véhicules seuls, mais le comportement des individus : chauffeurs imprudents, passagers complaisants, usagers indisciplinés », tranche-t-il.
Un laxisme coûteux en vies humaines
La surcharge augmente considérablement les risques : perte de stabilité, allongement des distances de freinage, fatigue accrue du conducteur et conséquences souvent dramatiques en cas de choc. Pourtant, malgré la répétition des accidents, les pratiques persistent, nourries par la recherche du gain, la pression des passagers et l’insuffisance des contrôles routiers.
“Trop, c’est trop” : l’appel à une réaction ferme
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Face à l’hécatombe, Gora Khouma lance un cri d’alarme. « Chaque jour, on compte des morts. Trop, c’est trop », déplore-t-il, appelant les autorités à prendre des mesures urgentes et dissuasives. Il pointe également du doigt les comportements dangereux d’autres usagers de la route, notamment certains motocyclistes et conducteurs qui bafouent les règles de sécurité.
Entre responsabilité collective et urgence nationale
Au-delà des discours, la question posée est celle de la valeur accordée à la vie humaine. Tant que la surcharge des Cheikhou Cherifou sera tolérée, les routes sénégalaises continueront d’être des lieux de deuil. La sécurité routière n’est pas qu’une affaire de textes : elle exige une volonté politique forte, des contrôles rigoureux et un changement profond des mentalités.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













