Suspension du MCC en Afrique : Le Sénégal bénéficiaire d’une prolongation
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Le Millennium Challenge Corporation (MCC), agence américaine chargée de promouvoir des projets d’infrastructure en Afrique, a suspendu ses opérations sur le continent en raison de la réorientation stratégique des États-Unis face à la montée en puissance de la Chine, désormais premier partenaire commercial de l’Afrique. Cette décision, prise sous l’administration Trump, marque un retrait significatif des engagements économiques américains envers le continent, avec des conséquences importantes sur de nombreux projets en cours.
Née en 2004, le MCC a investi plus de 17 milliards de dollars dans des pays africains, favorisant les nations engagées dans des réformes démocratiques et économiques. Mais face à la concurrence croissante de Pékin, l’administration Biden a opté pour une approche différente, plaçant davantage l’accent sur la gouvernance locale plutôt que sur les investissements directs.
Malgré l’arrêt des opérations, quatre pays bénéficient d’une dérogation, dont le Sénégal. Le pays a obtenu un délai supplémentaire de trois mois pour achever ses projets en cours, notamment ceux liés au Power Compact, un programme visant à améliorer la souveraineté énergétique du Sénégal. Parmi les réalisations à venir figurent l’installation de câbles sous-marins et souterrains à haute tension, la construction de nouveaux postes électriques et l’amélioration de l’accès à l’électricité dans les zones rurales. Le gouvernement sénégalais assurera la finalisation de ces travaux dans les 18 mois à venir, a précisé Oumar Diop, directeur général de MCA-Sénégal.
Cette prolongation offre un répit aux projets essentiels pour l’infrastructure énergétique du pays, mais elle survient dans un contexte de critiques croissantes. L’ONG ONE, par exemple, déplore le retrait du MCC, le qualifiant de recul dans les efforts occidentaux visant à contrer l’influence grandissante de la Chine en Afrique. Selon l’organisation, le MCC avait su imposer une exigence de responsabilité et d’efficacité dans ses projets de développement, ce qui en faisait une alternative crédible aux investissements chinois.
Le Sénégal, tout en bénéficiant de cette dérogation, doit désormais redoubler d’efforts pour garantir la poursuite de ses projets stratégiques tout en s’adaptant aux nouveaux défis géopolitiques et économiques qui se dessinent pour le continent africain.
Imam chroniqueur Babacar Diop













