Tabac illicite en Afrique : Abidjan impulse une riposte régionale décisive
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Pendant deux jours, les 23 et 24 mars 2026, Abidjan a rassemblé experts, décideurs et partenaires internationaux autour d’un atelier multi pays stratégique consacré à la lutte contre le commerce illicite des produits du tabac. Entre engagements politiques, partages d’expériences et élaboration de solutions concrètes, la rencontre marque une étape importante dans la mobilisation africaine.
À l’initiative du ministère de la santé et de l’hygiène publique Ivoirien à travers le PNLTA, en collaboration avec organisation mondiale de la santé et le secrétariat de la convention-cadre pour la lutte antitabac, cet atelier multipays a réuni une quarantaine de participants venus de plusieurs pays du continent, tous engagés, à divers niveaux, dans le processus de ratification du protocole international dédié à l’élimination de ce fléau.
Dès l’ouverture des travaux, le ton a été donné par le ministre de la santé Pierre Dimba, qui a rappelé l’ampleur du défi.
Le tabagisme, véritable problème de santé publique, continue de faire des ravages, avec des milliers de décès enregistrés chaque année en Côte d’Ivoire.
À cette réalité sanitaire préoccupante s’ajoute un phénomène aggravant : le commerce illicite des produits du tabac, qui facilite l’accès à des produits à moindre coût, fragilise les politiques de lutte antitabac et prive l’État de ressources fiscales importantes.
Selon les estimations évoquées, ce trafic engendre des pertes financières considérables et alimente, par ailleurs, des réseaux criminels aux ramifications transnationales.La première journée de l’atelier a été consacrée à la compréhension approfondie du protocole et à l’analyse des défis auxquels font face les États.
À travers des sessions techniques et des échanges nourris, les participants ont exploré les exigences juridiques et institutionnelles liées à la ratification, ainsi que les mécanismes de coopération internationale nécessaires à son efficacité.
Les expériences partagées par des pays déjà engagés dans le processus ont permis d’illustrer concrètement les avancées possibles, tout en mettant en lumière les difficultés récurrentes, notamment en matière de coordination intersectorielle et de procédures administratives.
Les discussions ont également offert un espace d’expression aux pays encore en phase de ratification, qui ont exposé leurs réalités nationales.
Entre contraintes techniques, lenteurs institutionnelles et défis politiques, ces interventions ont permis de dresser un diagnostic lucide de la situation sur le continent, tout en renforçant la nécessité d’une approche collective.

La deuxième journée a marqué un passage décisif de la réflexion à l’action. Dans une dynamique participative, les délégations ont travaillé à l’identification précise des lacunes propres à leurs systèmes respectifs, avant de définir des actions concrètes à mettre en œuvre.
Ce travail a débouché sur l’élaboration de feuilles de route nationales structurées, intégrant des objectifs clairs, des responsabilités définies et des échéances réalistes.
Présentées en plénière, ces feuilles de route ont bénéficié de l’expertise technique des partenaires internationaux, notamment l’OMS et le secrétariat de la Convention, garantissant leur pertinence et leur faisabilité.
Dans son adresse, le ministre de la santé a ainsi appelé les pays participants à accélérer leurs efforts, insistant sur la nécessité d’une action concertée à l’échelle régionale et internationale.

Car, a-t-il souligné, les initiatives isolées, aussi pertinentes soient-elles, ne sauraient produire des effets durables face à un phénomène transfrontalier.
Au-delà des échanges et des engagements, il laisse entrevoir une dynamique nouvelle, portée par une volonté commune d’agir de manière coordonnée et efficace.













