Tabaski 2025 : Une offre abondante de moutons et de denrées malgré une conjoncture économique difficile

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Tabaski 2025 : Une offre abondante de moutons et de denrées malgré une conjoncture économique difficile

À quelques semaines de la fête de la Tabaski, l’une des plus grandes célébrations du calendrier musulman, les marchés sénégalais affichent une disponibilité remarquable en moutons et en produits alimentaires essentiels, malgré une conjoncture économique tendue.

Dans la capitale, Dakar, les autorités ont aménagé quarante points de vente officiels pour faciliter l’acquisition du bétail par les populations. À ces espaces formels s’ajoutent de nombreux marchés informels, où l’on observe une grande affluence de moutons.

Cette organisation traduit une coordination efficace entre les services de l’État, les collectivités territoriales et les éleveurs, visant à répondre à la forte demande nationale.

Le ministre de l’Élevage, Mabouba Diagne, s’est félicité de cette synergie. Selon ses propos relayés par la presse nationale, l’approvisionnement a été planifié avec rigueur.

« Nous avons travaillé en étroite collaboration avec les acteurs du secteur pour assurer une couverture suffisante sur l’ensemble du territoire » , a-t-il déclaré.

Une production locale valorisée mais coûteuse

Fait notable cette année : la prédominance de moutons issus de l’élevage local. Réputés pour leur robustesse et la qualité de leur viande, ces animaux séduisent de nombreux acheteurs.

Toutefois, leur prix reste élevé, ce qui suscite des inquiétudes chez les consommateurs.Au marché de Liberté 6, Moussa Diop, un père de famille rencontré sur place, confie son désarroi :

« Les moutons sont magnifiques, bien élevés, mais leurs prix dépassent les moyens de nombreux ménages. »

Il met en cause la baisse généralisée du pouvoir d’achat, accentuée par les effets prolongés de la crise économique.

Les éleveurs, quant à eux, expliquent ces tarifs par la hausse des coûts de production, englobant l’alimentation animale, les soins vétérinaires, le transport et la logistique.

Ce modèle de production garantit certes une qualité supérieure, mais soulève la question de l’accessibilité financière en cette période de solidarité.

Une offre alimentaire jugée rassurante

Du côté des denrées alimentaires, la situation semble plus stable. Les marchés urbains majeurs tels que Castors, Tilène, Kermel et Pikine disposent d’un approvisionnement suffisant en pommes de terre et en oignons, produits particulièrement prisés pendant la Tabaski.

Le ministère du Commerce indique qu’un mécanisme de régulation mis en place en amont a permis de prévenir toute pénurie et de stabiliser les prix.Cette disponibilité généralisée est saluée par de nombreux ménages, qui redoutaient une envolée des prix à l’approche de la fête.

Néanmoins, des voix s’élèvent pour rappeler que, malgré l’abondance des produits, les disparités économiques restent criantes.Un appel à une politique plus inclusive

La Tabaski 2025, tout en révélant la capacité de résilience des circuits d’approvisionnement, met également en lumière les inégalités socio-économiques.

Si les étals sont pleins, encore faut-il que chacun puisse y accéder.Pour de nombreux observateurs, cette fête devrait inciter les pouvoirs publics à renforcer durablement les politiques d’appui à l’élevage, à la production agricole locale et à la régulation des marchés, afin de garantir non seulement l’abondance, mais aussi l’équité dans l’accès aux ressources essentielles.

Aors que les familles s’apprêtent à célébrer cette fête du sacrifice dans un esprit de partage et de spiritualité, la Tabaski 2025 pose une question fondamentale : comment bâtir une économie où la qualité et l’abondance ne riment plus avec exclusion pour les plus vulnérables ?

Imam chroniqueur Babacar Diop

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