Tensions diplomatiques : L’Algérie retire les privilèges d’accès de l’ambassade de France

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Tensions diplomatiques : L’Algérie retire les privilèges d’accès de l’ambassade de France

Par Imam chroniqueur
Babacar Diop

L’escalade diplomatique entre Alger et Paris franchit un nouveau palier. Le gouvernement algérien a officiellement retiré les titres d’accès privilégiés aux ports et aéroports algériens jusque-là accordés à l’ambassade de France à Alger. Une mesure de représailles annoncée ce samedi, en réponse aux « entraves persistantes » subies par l’ambassade d’Algérie à Paris, notamment concernant l’acheminement des valises diplomatiques.

Violation alléguée de la Convention de Vienne

Selon un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères, le chargé d’affaires français à Alger a été convoqué pour recevoir notification de cette décision. Les autorités algériennes dénoncent une atteinte aux règles diplomatiques internationales, évoquant une violation manifeste de la Convention de Vienne de 1961, qui garantit la libre circulation des courriers et valises diplomatiques.

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« Ces entraves persistent en dépit des engagements pris par les autorités françaises, et elles affectent désormais aussi les postes consulaires algériens », précise le ministère.

Réaction ferme et principe de réciprocité

Face à ce qu’elle considère comme un blocage injustifié, l’Algérie a choisi d’activer le principe de réciprocité, couramment invoqué en diplomatie pour rétablir l’équilibre dans les relations entre États. Ainsi, le directeur des Immunités et privilèges diplomatiques du ministère a procédé au retrait de l’ensemble des autorisations spéciales dont bénéficiait l’ambassade de France en Algérie.

Cette riposte survient deux jours après une première convocation du diplomate français, le 24 juillet dernier, au cours de laquelle l’Algérie avait déjà émis une mise en garde et menacé de saisir les Nations unies.

Un contexte de relations tendues

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un climat déjà chargé entre les deux pays. Les tensions ont été exacerbées depuis août 2024, notamment après la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, une position jugée inacceptable par Alger. D’autres sujets de discorde incluent la politique migratoire française et des propos de responsables français qualifiés de « provocateurs » par les autorités algériennes.

Vers une dégradation durable ?

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Des observateurs redoutent une détérioration durable des relations franco-algériennes, autrefois portées par une coopération stratégique mais aujourd’hui minées par des désaccords profonds. Le recours à des mesures de réciprocité pourrait marquer une nouvelle phase de crispation, voire de rupture, si aucune médiation diplomatique sérieuse n’est entamée.

« Lorsqu’une convention internationale est violée par l’une des parties, la réaction proportionnée devient inévitable », explique Tahar Boumediene, expert en droit diplomatique et auteur de Géopolitique du Maghreb postcolonial (Éditions Barzakh, 2022, p. 147).

Prochaine étape : l’ONU ?

Alger ne semble pas vouloir s’en arrêter là. Le gouvernement envisage de porter l’affaire devant l’Organisation des Nations unies, afin de dénoncer ce qu’il considère comme une atteinte à l’intégrité diplomatique de ses représentations à l’étranger.

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Dans cette guerre feutrée entre chancelleries, chaque geste compte. Et celui posé ce 26 juillet par Alger envoie un signal fort à Paris : la patience algérienne a des limites.

-imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

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