Tensions Iran-Israël : l’ayatollah Ali Sistani met en garde contre une dérive régionale incontrôlable
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Le grand ayatollah Ali Sistani, figure spirituelle incontournable du chiisme en Irak et dans le monde musulman, a exprimé ce jeudi une vive inquiétude face à l’escalade des violences entre Israël et l’Iran. Dans une déclaration relayée par l’agence de presse turque Anadolu, le chef religieux a mis en garde contre toute attaque ciblant les responsables iraniens, estimant qu’un tel acte constituerait « un crime aux conséquences potentiellement catastrophiques pour la stabilité régionale ».

Cette sortie de l’influent religieux chiite intervient alors que les frappes aériennes israéliennes sur le territoire iranien se sont multipliées ces derniers jours. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a récemment justifié ces opérations en déclarant que « l’élimination » du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, pourrait mettre un terme au conflit entre les deux pays. Il a également affirmé que Khamenei devrait être tenu personnellement responsable des tirs de missiles ayant visé plusieurs localités israéliennes, causant des blessés parmi la population.
Face à ces attaques, Israël a intensifié son offensive militaire. Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a annoncé que l’armée israélienne avait reçu l’ordre de frapper des cibles stratégiques à travers l’Iran, notamment des installations militaires et nucléaires, dans le but affiché de « neutraliser la menace iranienne et affaiblir les capacités du régime ».
Ces opérations, commencées le 13 juin, ont déjà provoqué d’importants dégâts matériels et un lourd bilan humain. Selon les autorités israéliennes, les tirs de représailles venus d’Iran ont fait 24 morts et des dizaines de blessés sur leur territoire. En retour, les frappes israéliennes auraient causé au moins 585 morts et plus de 1 300 blessés en Iran, selon des chiffres relayés par les médias iraniens.
L’alerte d’Ali Sistani survient dans ce contexte de haute tension, où les appels à la retenue peinent à freiner l’engrenage militaire. À Najaf, où le religieux vit en semi-retraite, son message a été interprété comme un avertissement à la communauté internationale sur les risques d’un embrasement généralisé au Moyen-Orient. « Toute tentative d’assassinat politique ou religieux ne ferait qu’aggraver une situation déjà explosive », a-t-il déclaré, appelant à la diplomatie et au dialogue plutôt qu’à l’escalade.
La communauté internationale, jusqu’ici divisée dans ses réactions, pourrait voir dans cette prise de parole un signal d’alarme. Les Nations unies et plusieurs chancelleries occidentales ont exprimé leur préoccupation croissante, tandis que d’autres, comme la Turquie ou la Russie, ont dénoncé des « actions unilatérales dangereuses » de la part d’Israël.
Alors que les tensions entre Téhéran et Tel-Aviv atteignent un point critique, les propos d’Ali Sistani résonnent comme un appel solennel à la désescalade, dans une région déjà marquée par des décennies de conflits religieux, politiques et militaires.
Imam chroniqueur Babacar Diop













