Thiès : Quand la justice territoriale cesse d’être un slogan
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Pour la première fois de son histoire, la Ville de Thiès reçoit une dotation de 1,418 milliard FCFA dans le cadre du Fonds d’équipement des collectivités territoriales (FECT). Plus qu’un appui financier, cet acte marque une rupture avec des décennies de centralisme budgétaire. Mais le vrai défi commence maintenant : transformer cette manne en moteur de développement réel.
Le signal d’une rupture historique
Le 26 juin 2025 marque un tournant décisif pour la Ville de Thiès. Ce jour-là, le président Bassirou Diomaye Faye a accordé une enveloppe inédite de 1,418 milliard FCFA à la commune, dans le cadre du FECT. Pour cette ville stratégique, longtemps tenue à l’écart des priorités budgétaires nationales, cette dotation sonne comme une réparation. Une reconnaissance, enfin, de son rôle économique, politique et social.
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Comme l’a rappelé le maire, Dr Babacar Diop, c’est un changement de paradigme. La justice territoriale, souvent évoquée dans les discours, prend ici corps dans un acte budgétaire concret.
La fin du centralisme budgétaire ?
Cette dotation exceptionnelle n’est pas qu’une aide : elle symbolise une orientation politique. Pendant des décennies, l’État central a monopolisé les ressources, laissant des territoires entiers sous-financés. Thiès devient aujourd’hui le symbole d’une décentralisation assumée, dans l’esprit de rupture défendu par le nouveau pouvoir.
Le professeur Cheikh Diop, spécialiste des politiques publiques, souligne que « la décentralisation ne peut réussir sans un transfert réel de ressources ». Même son de cloche chez le professeur Abdoulaye Sakho, qui affirme : « La justice territoriale, c’est aussi la justice sociale. » Autrement dit, Thiès ne reçoit pas une faveur : elle reprend sa place.
Redevabilité : un mot d’ordre impératif
Ce soutien financier massif impose une exigence nouvelle : la transparence et l’efficacité dans la gestion locale. Car si l’État joue sa partition, les collectivités doivent aussi faire preuve de rigueur et de responsabilité.
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Les premiers signaux envoyés par la municipalité sont encourageants : conventions de santé communautaire, nomination d’une marraine pour le centre “Keur Xaléyi”, examen des rapports de la Cour des comptes… Ces actes montrent une volonté de s’inscrire dans une gouvernance moderne, participative et responsable.
Un test grandeur nature pour Thiès
L’histoire retiendra peut-être ce moment comme le point de départ d’un renouveau thiessois. Encore faut-il que cette manne soit utilisée pour répondre aux besoins réels des habitants : routes, marchés, centres de santé, emploi des jeunes…
Comme le souligne l’urbaniste Ibrahima Sylla : « Ce genre d’appui peut changer la trajectoire d’une ville, à condition que la gestion soit rigoureuse, inclusive et tournée vers les besoins réels des populations. » Le défi est immense, mais à portée.
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Conclusion : un exemple à bâtir
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Thiès a désormais les moyens d’agir. Mais plus encore, elle a l’obligation de réussir, car toute une génération de territoires oubliés scrute ce virage avec espoir. Si elle parvient à traduire cette dotation en résultats tangibles, elle deviendra un modèle, un laboratoire de la nouvelle gouvernance territoriale que prône le régime de Diomaye Faye.
La balle est dans notre camp.
Imam chroniqueur Babacar Diop













