TOGO | ENQUÊTE : Cinq corps retrouvés dans la lagune de Bè et le 4e lac: le procureur annonce une enquête judiciaire,les familles réclament la vérité .
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Le silence des eaux cache parfois des cris que l’histoire refuse d’oublier. À Lomé, la découverte de cinq corps sans vie entre la lagune de Bè et le 4e lac, dans les jours qui ont suivi les manifestations populaires du 26 au 28 juin 2025, continue de bouleverser l’opinion publique togolaise.
Le dimanche 6 juillet, lors d’une déclaration solennelle à la télévision nationale, le procureur de la République, Talaka Mawama, a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour faire toute la lumière sur les circonstances de ces décès.
⚖️ Une enquête ouverte contre X : vers la recherche de vérité
Selon le procureur, quatre des cinq corps ont pu être autopsiés. Les résultats médico-légaux évoquent des décès par noyade. Toutefois, le moment précis de la mort reste indéterminé. Deux des victimes étaient en état de décomposition avancée, ce qui, selon les experts, pourrait indiquer une immersion antérieure aux manifestations. Le cinquième corps, quant à lui, n’a pas été autopsié, les proches ayant refusé l’examen. « Une enquête judiciaire contre X est officiellement ouverte pour élucider les circonstances exactes de ces décès et situer les responsabilités », a déclaré Talaka Mawama. Il a appelé à la transparence, tout en insistant sur la nécessité de ne pas céder aux manipulations émotionnelles ou politiques.
🗣️ Familles endeuillées, peuple en colère
Mais dans les quartiers de Lomé, la douleur des familles endeuillées ne faiblit pas. Dans un contexte tendu, où la population togolaise accuse depuis longtemps les forces de sécurité de répression brutale lors des manifestations, beaucoup peinent à croire à la simple thèse de la noyade accidentelle.Un frère de l’une des victimes, interrogé par Dunia News sous anonymat, confie :« Mon frère n’était pas malade. Il est sorti pour rejoindre des amis et n’est jamais revenu. On retrouve son corps sans vie dans le lac deux jours après ? On veut savoir ce qui s’est vraiment passé. »
🔒 Arrestations, procès et climat sous tension
Selon les autorités togolaises, les troubles de juin ont conduit à l’arrestation de 114 personnes. Parmi elles, 87 ont été relâchées, mais 27 restent sous le coup de procédures judiciaires. Dix-huit ont été condamnées à des peines de 12 mois de prison, dont 11 assorties de sursis. Les neuf autres attendent encore d’être fixées sur leur sort.Ce recours rapide à la justice tranche avec le flou entourant les morts suspectes, nourrissant les critiques sur une justice à double vitesse.
📢 Le gouvernement défend sa position
Face à la pression, le gouvernement togolais a réaffirmé que les décès ne peuvent être imputés directement aux forces de sécurité, évoquant une « récupération politique » de la tragédie par certains mouvements d’opposition.Un communiqué officiel insiste sur les conclusions médico-légales, tout en appelant à ne pas « manipuler l’opinion publique avec des amalgames émotionnels ».
🌍 Une affaire aux résonances profondes
Ce drame pose une nouvelle fois la question du rapport entre pouvoir et contestation au Togo. Après plus de cinq décennies de pouvoir concentré dans la même famille présidentielle, les tensions sociales et politiques sont loin d’avoir disparu. La rue togolaise, souvent bâillonnée, continue de chercher des espaces d’expression.Pour Dunia News, il ne s’agit pas de juger à la place des juges, mais de questionner, d’interroger et de porter la voix de ceux que l’on n’entend pas : les familles des victimes, les défenseurs des droits humains, les citoyens ordinaires qui réclament justice et dignité.
📌 À retenir :
– Cinq corps retrouvés à Lomé : quatre autopsiés, tous morts par noyade présumée– Une enquête judiciaire est ouverte contre X– Le gouvernement rejette tout lien avec les manifestations de juin– 114 personnes arrêtées : 18 condamnations, 9 en attente de jugement– Une affaire qui ravive les douleurs d’un peuple en quête de vérité🖋️ Rédaction Dunia News – Lomé🎧 Rubrique : Justice & Libertés publiques













