TOGO : Essossimna Marguerite GNAKADÉ sort du silence : “Il est inadmissible que notre sécurité soit ainsi compromise.”
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Par Dunia News, rédaction de Lomé
Lomé, le 29 juin 2025 – Dans un climat sociopolitique tendu où les voix officielles se font rares ou prudentes, la prise de parole de Mme Essossimna Marguerite GNAKADÉ, ancienne ministre des Armées, a créé un choc dans le paysage politique togolais. À travers un communiqué publié ce dimanche, elle exprime sa « profonde consternation » face aux violences meurtrières survenues lors des manifestations des 06, 26, 27 et 28 juin 2025.
Une condamnation claire et sans détour
Dès l’ouverture du communiqué, le ton est donné. Mme Gnakadé s’incline devant la mémoire des citoyens tombés sous les balles et adresse ses vœux de rétablissement aux blessés. Mais c’est surtout par la fermeté de sa dénonciation de la répression qu’elle se démarque :
« Je condamne avec la plus grande fermeté la répression organisée contre des femmes et des hommes togolais. »
Elle rompt ainsi avec la langue de bois habituellement observée dans les sphères politiques, se positionnant résolument aux côtés des manifestants, décrits comme « pacifiques, les mains nues », mais réprimés violemment.
Une prise de position inhabituelle… mais significative
L’intervention d’une ancienne ministre des Armées est rare, voire inédite, dans un contexte où l’armée est souvent instrumentalisée pour réprimer les mouvements citoyens. En s’adressant directement aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS), Mme Gnakadé rappelle leur rôle républicain :
« Vous êtes les garants de la sécurité de tous, et non des instruments d’intérêts obscurs. »


Ce message est une mise en garde solennelle : les FDS doivent rester au service de la nation, et non d’un pouvoir prêt à sacrifier la jeunesse pour sa survie politique. En appelant à la vigilance contre les infiltrations de milices, elle pointe un problème grave : la perte de contrôle, ou pire, la complicité d’une partie du pouvoir avec des forces non républicaines.
Une crise de confiance entre l’État et la population
Plus qu’une dénonciation, ce communiqué soulève une crise profonde de légitimité. Mme Gnakadé soulève un paradoxe devenu insupportable pour nombre de Togolais :
« D’un côté, on promeut la paix ; de l’autre, on ferme les yeux sur des actes de violence orchestrés contre la population. »
Cette contradiction alimente, selon elle, un sentiment généralisé d’hypocrisie, de trahison et de mépris envers le peuple togolais. Et la question cruciale est posée :
« Comment comprendre que ceux qui sèment la peur agissent souvent en toute impunité ? Qui les soutient ? Qui les protège ? »
Dans un pays où la parole politique est verrouillée, ces interrogations publiques par une figure d’État sont d’une portée symbolique et politique majeure.
Diaspora et jeunesse : piliers de la résistance
L’ancienne ministre ne manque pas de saluer les mobilisations courageuses à l’intérieur du pays, mais aussi à l’extérieur. Elle salue la diaspora qui « démontre que l’exil n’est pas un oubli », et la jeunesse « debout malgré les épreuves », à qui elle rend hommage :
« Vous êtes la voix de celles et ceux que l’on tente de réduire au silence. »
C’est une reconnaissance politique forte, dans un contexte où l’on tente souvent de minimiser ou criminaliser les engagements citoyens à l’étranger.
Une note d’espoir dans un contexte douloureux
Malgré la gravité des faits dénoncés, Mme Gnakadé conclut son message par une note d’espoir :
« Je tiens à rassurer tout le peuple togolais : un nouveau jour se lèvera bientôt. »
Ce ton quasi prophétique donne une dimension résistante et visionnaire à son intervention. Elle appelle à refuser le silence, à restaurer la justice, et à rétablir le sens de la République.
Analyse Dunia News : un tournant dans le discours politique ?
La sortie de Mme Gnakadé pourrait marquer un tournant significatif dans le débat public togolais. Elle brise une omerta au sommet de l’État et ouvre un espace pour d’autres voix républicaines qui n’osent encore parler. Elle donne aussi de la crédibilité aux accusations de violences d’État souvent relayées par des ONG ou la société civile, mais rarement prises au sérieux par les autorités.
Dans un Togo marqué par plus de cinq décennies de pouvoir sans alternance, cette parole publique issue de l’intérieur du système résonne comme un acte de courage.
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📍 Lomé, Togo

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