Togo : Jean-Lucien Savi de Tové élu Président de la République, Faure Gnassingbé renforce son pouvoir sous un nouveau régime parlementaire
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Lomé, 3 mai 2025 – Le Togo entre dans une nouvelle ère institutionnelle avec l’adoption de la Ve République. Cette transition marque un changement profond dans le paysage politique togolais, sans toutefois éclipser la figure dominante de Faure Gnassingbé. En effet, même s’il n’est plus Président de la République, le chef de l’État conserve les rênes du pouvoir à travers une nouvelle fonction : celle de Président du Conseil des ministres, dotée de l’ensemble des prérogatives exécutives.
Jean-Lucien Savi de Tové, Président sans pouvoir exécutif
Réuni en congrès constitutionnel, un total de 149 parlementaires togolais ont élu ce vendredi Jean-Lucien Savi de Tové à la présidence de la République pour un mandat de 4 ans. Unique candidat en lice, il a été présenté par l’Union pour la République (UNIR), le parti majoritaire dirigé par Faure Gnassingbé.
Ancien opposant historique et figure respectée dans la vie politique togolaise, Jean-Lucien Savi de Tové devient ainsi le premier Président symbolique dans le cadre de la nouvelle Constitution adoptée en avril 2024. Dans ce nouveau système parlementaire, le Président de la République n’exerce plus de pouvoir exécutif mais incarne plutôt l’unité de la nation et le respect des institutions.
Faure Gnassingbé, maître du jeu politique
Dans la même journée, Faure Gnassingbé a prêté serment en tant que Président du Conseil des ministres. Ce poste clé, qui regroupe les pouvoirs exécutifs jusqu’alors détenus par la présidence, ne comporte aucune limitation de mandat. Cette réforme constitutionnelle réinitialise ainsi le compteur politique du dirigeant, au pouvoir depuis 2005.
Avec cette manœuvre institutionnelle, Faure Gnassingbé renforce son emprise sur l’appareil d’État tout en redessinant les contours de la gouvernance togolaise. Il continue de diriger le gouvernement, décide de la politique nationale, nomme aux hautes fonctions et conserve le contrôle sur les forces de défense et de sécurité.
Une réforme controversée
La réforme de la Constitution, adoptée sans référendum populaire, est vivement critiquée par une partie de l’opposition et de la société civile. La Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) parle d’un « coup de force institutionnel » destiné à prolonger indéfiniment le règne de Faure Gnassingbé sous une nouvelle forme. Des appels à la mobilisation contre ce qu’elle considère comme une confiscation du pouvoir se font déjà entendre.
Malgré ces contestations, la mise en place de la Ve République est désormais actée. Le Togo entre dans une nouvelle configuration politique où, paradoxalement, la présidence change de visage tandis que le véritable pouvoir reste aux mains du même homme.
Vers un avenir incertain
Ce tournant constitutionnel soulève des questions majeures sur l’avenir démocratique du Togo. Pour les partisans du régime, il s’agit d’un pas vers plus de stabilité et de modernisation institutionnelle. Pour les opposants, c’est une régression masquée sous les oripeaux du parlementarisme.
Quoi qu’il en soit, Faure Gnassingbé vient de réussir une transition politique qui pourrait lui permettre de rester au sommet du pouvoir aussi longtemps qu’il le souhaite, tout en donnant une apparence de renouvellement à la tête de l’État.













