Togo : Le rappeur engagé Amron arrêté de nuit à son domicile — la société civile dénonce un « kidnapping d’État »
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Par Dunia News – Lomé, Togo
Dans la nuit du 26 mai 2025, Essowè Narcisse Tchalla, plus connu sous le nom d’Amron, artiste rappeur togolais et figure montante du rap contestataire, a été interpellé à son domicile situé à Agoè-Assiyéyé, en banlieue nord de Lomé. Selon plusieurs sources concordantes, notamment des témoignages de proches et des organisations de la société civile, l’arrestation a été menée dans des conditions extrêmement préoccupantes.
Une opération musclée, sans mandat
Entre 21h et 23h, une cinquantaine d’agents lourdement armés ont encerclé puis envahi la résidence du rappeur. Aucun mandat d’arrêt n’aurait été présenté à sa famille, et les forces de sécurité auraient agi sans fournir la moindre explication sur les motifs de l’interpellation.
La scène s’est déroulée dans un climat de tension extrême, sous les yeux de voisins choqués. « Ils ont tout cassé, frappé les occupants, et l’ont embarqué comme un criminel de guerre », confie un témoin sous anonymat.
Violation du code de procédure pénale
Les défenseurs des droits humains dénoncent une arrestation illégale. Le code de procédure pénale togolais est pourtant clair : aucune arrestation ne peut être effectuée à domicile entre 18h et 6h du matin, sauf en cas de flagrant délit ou avec autorisation spéciale du procureur. Rien ne semble indiquer que ces conditions aient été respectées.
Une voix qui dérange ?
Amron est connu pour ses textes engagés, dénonçant la mauvaise gouvernance, les violences policières, et les injustices sociales. Certains de ses morceaux récents, largement partagés sur les réseaux sociaux, fustigent directement les autorités togolaises. Pour de nombreux observateurs, cette arrestation est perçue comme une manœuvre d’intimidation politique, à quelques mois des élections législatives.
Mobilisation et appels à la libération
Des organisations telles que la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), le Front Citoyen Togo Debout, ainsi que plusieurs artistes et activistes, ont exigé la libération immédiate et inconditionnelle du rappeur. Un communiqué commun évoque un « kidnapping d’État » et appelle la communauté internationale à observer de près la situation des libertés au Togo.













