Togo / Lomé : Koami Jacques, 14 ans, une jeunesse fauchée au cœur du tumulte
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Au Togo, les dernières manifestations populaires des 26 au 28 juin 2025 ont laissé derrière elles un goût amer de désolation. Parmi les scènes de chaos qui ont secoué plusieurs quartiers de Lomé, un drame en particulier symbolise la douleur d’une nation : la mort tragique de Koami Jacques Koutoglo, un adolescent de 14 ans, retrouvé sans vie dans la lagune de Bè.
Ce nom désormais résonne dans les rues de Bè Houvémé, son quartier, comme le cri d’une génération dont les espoirs sont trop souvent piétinés. Élève studieux du complexe scolaire « Petit Prince », Koami venait à peine d’obtenir son BEPC, ouvrant la porte à un avenir qu’il ne verra jamais.
Dans la nuit du jeudi 26 juin, alors que les manifestations interdite par les autorités se heurtaient à une répression brutale, Jacques est sorti brièvement chercher de quoi se nourrir. Le calme apparent l’avait rassuré. Mais à quelques pas de chez lui, non loin de Lavista Park, il croise une foule de manifestants en débandade, poursuivie par les forces de sécurité. Pris de panique, comme n’importe quel enfant, il s’est mis à courir lui aussi.
Mais il ne rentrera jamais chez lui.
D’après des témoignages recueillis auprès de sa famille, c’est à cet instant que tout bascule. Des agents en uniforme l’auraient rattrapé, violemment battu, puis jeté dans la lagune. Son corps sera retrouvé le lendemain, inerte, flottant là où ses rêves ont sombré.
Son père, dévasté, n’a plus de mots. Sa mère, qui réside au Bénin, peine à croire à cette réalité. La communauté est sous le choc, sidérée par l’ampleur de la violence. Pour beaucoup, ce drame dépasse la seule perte d’un enfant : il incarne la rupture croissante entre les citoyens et ceux censés garantir leur sécurité.
« Comment continuer à faire confiance aux forces censées nous protéger ? », s’interroge un habitant de Bè Houvémé, la voix tremblante. « Il n’était pas un voyou, ce n’était qu’un enfant affamé. »
Alors que le pays s’interroge sur les dérives sécuritaires, l’absence de réaction officielle sur les violences présumées perpétrées ces jours-là ne fait qu’approfondir le sentiment d’injustice. Les jeunes de Bè Houvémé, eux, n’entendent pas se taire. En Koami Jacques, ils voient leur propre reflet, leur propre vulnérabilité.
Ce drame rappelle avec cruauté qu’au cœur des confrontations politiques, ce sont souvent les innocents qui paient le prix le plus lourd. Jacques aurait pu devenir ingénieur, médecin, enseignant… Il ne sera désormais qu’un nom sur une tombe fraîche, un symbole douloureux de l’innocence perdue.

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