Togo – Vingt ans plus tard, les mêmes mots, les mêmes hommes, le même drame

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Togo – Vingt ans plus tard, les mêmes mots, les mêmes hommes, le même drame

📝 Par Dunia News

L’interview du ministre Gilbert Bawara sur New World TV, diffusée hier nuit, a réveillé une douleur sourde chez de nombreux Togolais. Une douleur ancienne. Une douleur familière. Une douleur qui a désormais deux décennies.

Il y a des entretiens politiques qui marquent un tournant. Celui accordé par Monsieur Bawara n’en est pas un. Et c’est justement là que réside le drame.

Nous avons assisté à une scène figée dans le temps. Un ministre, fidèle au poste depuis 2005, prononçant presque mot pour mot les mêmes phrases qu’il répétait déjà vingt ans plus tôt : paix, cohésion, vivre-ensemble. À ses côtés, ou plutôt derrière lui, l’éternel Président Faure Gnassingbé, défendu encore et toujours avec une constance qui n’a d’égale que la stagnation du pays.

🎭 UN SCÉNARIO SANS FIN

Ce qui devait être une prise de parole politique s’est transformé en un douloureux miroir. Pour ceux qui avaient 20 ans en 2005, c’est un choc de constater qu’à 40 ans, rien n’a bougé. Les visages sont les mêmes, juste plus marqués. Les discours sont les mêmes, juste plus fatigués. Le pays, lui, semble arrêté, suspendu, condamné à revivre la même séquence indéfiniment.

Vingt ans plus tard, Gilbert Bawara n’est plus le jeune technocrate ambitieux qu’il était. Il est un homme grisonnant, récitant encore les mêmes justifications, avec une fidélité presque sacrificielle à un chef d’État tout aussi vieilli.

🧠 UNE INTELLIGENCE EN QUÊTE D’ALTITUDE

Le plus troublant, c’est que Monsieur Bawara n’est pas un homme limité. C’est un homme éduqué, un homme d’État, un homme cultivé. Et pourtant, l’on se demande : comment un esprit aussi affûté peut-il, pendant vingt longues années, ne rien réinventer, ne rien questionner, ne rien proposer d’autre que le même refrain usé ?

Car au-delà de la politique, il y a une tragédie humaine. Celle d’un homme qui semble piégé dans une fidélité stérile. Celle d’un peuple qui regarde, impuissant, les mêmes acteurs répéter les mêmes gestes sur une scène politique verrouillée.

👶🏽 UNE GÉNÉRATION SPECTATRICE

Et puis, il y a ces enfants. Ceux nés en 2005, année où Monsieur Bawara devenait ministre. Ils ont aujourd’hui 20 ans. Certains d’entre eux, ce soir-là, étaient peut-être devant leur écran, écoutant ce même ministre redire exactement ce qu’il disait le jour de leur naissance. Vingt ans de vie, et aucune scène nouvelle dans le théâtre national.

On imagine leur regard, mêlé de confusion et de résignation. Comment leur expliquer que le Togo, en deux décennies, n’a pas changé de refrain ? Comment leur dire que pendant qu’ils grandissaient, les dirigeants n’évoluaient pas ? Que les véritables mots — ceux du progrès, de la relève, de l’alternance — ont été rangés dans un tiroir ?

📣 UN CRI SILENCIEUX

Ce n’est pas une critique politicienne. C’est un cri. Un cri désespéré, presque spirituel, pour sortir de l’engrenage. Pour briser la répétition. Pour secouer cette “cité maudite” où tout semble figé, où les mots n’ont plus de force, où la démocratie ressemble à une pièce jouée d’avance.

Alors oui, qui parlera à Gilbert Bawara ? Qui trouvera la langue qui peut le toucher, non en tant que ministre, mais en tant qu’homme ? Qui lui dira que la loyauté ne vaut rien quand elle enterre le destin d’un peuple ? Qui lui rappellera que même les bons soldats doivent, un jour, demander : pourquoi cette guerre ne finit-elle jamais ?

🇹🇬 Vingt ans d’attente. Il est temps de tourner la page. De libérer les mots. D’ouvrir les fenêtres. D’inventer un avenir.

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